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 Préhistoire et Antiquité

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MessageSujet: Préhistoire et Antiquité   Mer 21 Avr - 9:53





Les premiers immigrants


Les premiers groupes humains se sont installés dans la région au rythme des glaciations et ont laissé quelques vestiges de leur passage, essentiellement sur les plaines calcaires.

À Wimereux, nous pouvons observer quelques bifaces et rognons de silex à côté d'ossements d'éléphants et d'hippopotames datés de 700 000 ans.

Plusieurs milliers de vestiges (ossements d'animaux d'époque froide, traces de feux et de déchets divers), dont deux crânes humains, témoignent de la persistance d'une implantation de l'homme de Néandertal à Biache-Saint-Vaast lors d'une période interglaciaire il y a 250 000 ans.

Les premières traces de l'Homo sapiens sont datées de 38 000 ans avant notre ère.
La région était alors une steppe, peuplée de rennes.

Les progrès seront lents, en agriculture et en métallurgie (premiers témoignages du Néolithique vers 3 700 ans avant J.C), mais le sol fertile favorise des implantations durables comme au Mont-Saint-Éloi, à Wissant, Étrun ou encore au mont Noir.

Vers 3 000 ans avant J.-C., le climat plus sec fait reculer la forêt et l'arrivée de nouvelles populations venues du sud provoque les premières guerres connues de l'histoire régionale ;
à l'Âge du bronze, vers -1500, on trouve la trace d'importants échanges interrégionaux, y compris avec la Grande-Bretagne.

Liste des sites mégalithiques de la région Nord Pas-de-Calais


1 Aubigny-au-Bac
2 Bellignies
3 Cambrai
4 Féchain
5 Fresnicourt-le-Dolmen
6 Hamel (Nord)
7 Lallaing
8 Lécluse
9 Mont-Saint-Eloi
10 Oisy-le-Verger
11 Prisches
12 Sailly-en-Ostrevent
13 Solre-le-Chateau
14 Vendegies-sur-Écaillon
15 Notes et références

Aubigny-au-Bac
Pierre qui pousse

Bellignies
un dolmen

Cambrai
Les pierres jumelles, de plus de quatre mètres de haut, mais seul leur sommet dépasse de terre.
Le Dolmen de la citadelle

Féchain
Le Polissoir. En 1968, un polissoir est découvert à Aubencheul-au-Bac lors des travaux d'élargissement de la rive droite de la Sensée. Le mégalithe est alors déplacé à Féchain au niveau de l'église Saint-Vaast.


Le Polissoir de Féchain
Ce polissoir date de la période néolithique (entre le lxe siècle av. J.-C. et le xxxe siècle av. J.-C.). Il s’agit d’un monolithe dont la partie supérieure est creusée de cuvettes et de rainures. Il était utilisé pour le polissage des haches en silex. Les cuvettes sont formées par le polissage de la face des haches et les rainures par les tranchants.
Le polissoir, le plus grand de la région, est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1980. Ce grès qui pèse environ 7 tonnes, est haut de 1,10 m. Il faisait partie d'un bloc plus important de 2,00 m de large sur 4,00 m de long.
La pierre au beurre

Fresnicourt-le-Dolmen
La table aux fées.

Hamel (Nord)
Le Dolmen du Bois de type Allée couverte dit “la pierre Chavatte”, est classé monument historique.

Lallaing
La borne de Quéviron. En 1210 cette borne a été placée par les moines de l'Abbaye de Marchiennes et de l' Abbaye d'Anchin suite à des différends relatifs à la chasse et à la pêche. Chacune de ses quatre faces représente une commune : Flines-lez-Raches, Lallaing, Marchiennes et Pecquencourt. Elle est située à 500 m de la ferme de Germignies au lieu-dit "Marais des Six Villes".

Lécluse
La pierre du Diable, avec 3m05, domine la vallée de la Sensée.
• Histoire •
Le menhir porte différents noms. On dit Epierre, Pierre des Pierres, Aiguille d'Epierre, ou Pierre du Diable à qui cette dernière appellation se rapporte la légende qui suit.
Près de la pierre du diable, vivait jadis un gros fermier nommé Antoine Wilbaux. Un soir, sa grange fut incendiée totalement; errant en quête de secours, Wilbaux rencontra Belzébute qui lui promit de remettre sa grange en état avant le chant du coq contre remise de son âme cinquante ans plus tard. Le fermier signa le pacte. De retour chez lui, il avoua tout à sa femme, Françoise.Celle-ci courut aussitôt vers la grange où, effectivement, s' affairaient de multiples et étranges ouvriers. Munie d'une chandelle, elle s'en fut au poulailler; le coq, croyant voir le jour, se mit à chanter ; et les diables, car c'en étaient, de déguerpir. Belzébut lui-même, surpris, lança au loin le bloc du pignon qui se ficha en terre; telle serait l' origine de la pierre du diable.
Une autre légende dit que le fermier avait vendu son âme au diable; à l'heure de sa mort, il fit appel au prêtre qui fut là avant le diable dont la colère fut telle qu'il détruisit la ferme, ne laissant subsister que cette pierre.
Le romantisme de cette époque et pour accréditer la légende, les villageois y voyaient sur la face tournée vers l'Est du menhir, dans les aspérités de la pierre la silhouette d'un diable à tête de bélier, sur la face tournée à l'Ouest en haut à droite, trois traces des griffes que le diable laissa en jetant le bloc, et au centre on remarque la silhouette de profil d'un Korrigan, nom donner au nain dans les légendes bretonnes qui sont responsable de l' édification des mégalithes.
Au XIXe siècle, sa hauteur atteignait encore 5,80 m et son poids près de 30 tonnes, en Avril 1918 lors de la première guerre mondiale, il est renversait et sectionnait à sa base sur 1,50 m. Aujourd'hui restaurait sa partie haute reste toujours visible.
Un menhir qui surprend et qui reste le plus grand de la région.

Mont-Saint-Eloi
deux menhirs dits Les Pierres Jumelles sont situés au hameau d'Écoivres et ont été classés monuments historiques par liste en 1889.

Oisy-le-Verger
Au gros caillou.

Prisches
un menhir.

Sailly-en-Ostrevent
Le cromlech Les bonnettes est le Cromlech au Nord de Paris
Dans la plaine se dresse un monticule d'environ cinq mètres de hauteur sur lequel est érigé un cromlech de cinq pierres. La dernière fouille date de 1887 et le site, propriété de la commune, est inscrit à l'inventaire des monuments historiques depuis 1889.

Solre-le-Chateau
Pierre jumelles.

Vendegies-sur-Écaillon
Le gros Caillou ou Grés Montfort.

L'époque celte

Un millénaire avant notre ère, un nouveau peuple venant de l'est de l'Europe apporte les instruments aratoires et élevage du cheval, puis se sont les Celtes de Bavière qui introduisent l'âge du fer dans la région.
Aux IIIe et IIe siècles avant J.-C-, les Belges qui sont assimilés en partie au monde celte, conservent pourtant des idiomes et des habitudes de la vie germanique s'installent dans la région. Les peuples comme les Morins, Atrébates, Ménapiens ou encore Nerviens s'organisent de façon très laxiste, mais établissent tout de même des frontières dont les traces persistent encore aujourd'hui. La région est occupée de manière relativement dense, même si la vie reste rurale. Les villages sont essentiellement ouverts (sans remparts défensifs), mis à part quelques oppida (cités fortifiées), comme Étrun et Avesnelles, sans doute les capitales des Atrébates et des Nerviens. Une migration belge vers l'actuelle Grande-Bretagne contribua à tisser des liens culturels et économiques entre les deux régions.
La réputation de prospérité des territoires du Nord attisa la convoitise de Jules César. Les batailles furent alors fréquentes et meurtrières. L'écrasement des Nerviens en -57 ne soumit pas toute la région à la pax romana. La résistance ne s'éteindra que peu à peu pour devenir définitive avec l'exil des plus irréductibles en Angleterre. La Belgique vaincue, dévastée, connaîtra le destin des frontières (les « Marches ») de l'Empire romain pendant plus de quatre siècles.
Les autres envahisseurs viendront par la suite essentiellement de l'est. Ces nomades s'adaptèrent et s'intégrèrent aux populations sédentaires et la culture de la région s'en trouva très enrichie.

La pax romana

Aux temps gallo-romains, la région est englobée dans le vaste ensemble appelé Belgique et divisée en cités. Tarvanna (aujourd'hui Thérouanne) fut la capitale des Morins, Bagacum (aujourd'hui Bavay) fut la capitale des Nerviens, et Nemetacum (aujourd'hui Arras) qui était déjà occupée par les gaulois fut la capitale des Atrébates ; ces trois villes sont des créations romaines (Arras fut alors considéré comme étant une ville).
Le tracé des routes romaines est si important qu'il marque encore certaines de nos infrastructures (les Chaussées Brunehaut). Les grands axes sont vers :
le littoral, Boulogne-sur-Mer (Gesoriacum ou Bononia selon les époques), port important pour aller vers la Bretagne romaine.
l'Est (le Rhin) et l'Italie.
La vie y reste essentiellement rurale, axée sur deux ressources principales que sont le blé et la laine. Si la christianisation est fragile, le latin élimine progressivement le celtique, sauf à l'extrême nord. La prospérité se traduit par un développement démographique important, même si la hantise des invasions reste très présente et freine la vie économique.

Moyen Âge

Une région bilingue
Au iiie siècle, les Francs et les Alamans envahissent et pillent le territoire. Les dévastations sont si importantes qu'il faut recoloniser la région ; l'armée romaine, dépassée par l'ampleur des frontières de l'empire qu'elle doit défendre, laisse les Francs s'installer et essaye de s'en faire des alliés. Le long de la Lys, une frontière linguistique se créa alors en séparant le dialecte germanique parlé par les Francs, qui deviendra plus tard le néerlandais, et la langue latine dont le français est issu.
La région est également fortement touchée par la révolte des Bagaudes (groupes de paysans ruinés, de déserteurs, et de barbares). Dans le même temps, le rivage (de Dunkerque à Saint-Omer et Montreuil-sur-Mer) qui peut être attaqué par des invasions maritimes est abandonnée aux pillards. Les Angles et les Saxons s'y sont installés, comme en témoignent les noms de quelques villages ou ceux de légendes du littoral comme Sainte-Godeleine, Wierre-Effroy, Quentovic et bien d'autres.

Les invasions barbares
Au début du ive siècle, avec l'aide des Francs déjà installés, la tranquillité est restaurée dans la région pour une cinquantaine d'années. Les villes qui sont des places fortes stratégiques et administratives, ne peuvent se développer vraiment tandis que les grands établissements ruraux se transforment en agglomérations dynamiques. Mais les invasions constituent encore un frein au développement. Les Huns d'Attila, par exemple, assiègent Bavay en 358.
Au début du ve siècle, de très nombreux envahisseurs balaient l'armée romaine et le christianisme ; ils sont Anglo-saxons, Vandales, Hasdingues, Suèves, Alains ou encore Francs (les peuples peuvent être divisés en clans). L'un d'eux, Clovis en chef ambitieux, s'élance de Tournai pour conquérir la Gaule en sa quasi totalité, tandis que l'Empire romain d'Occident s'effondre en 476.
La « pacification franque » est achevée en 486 en commençant par les territoires du Nord.

Du VIIe au XIIe siècle
Ce sont les pays de Tournai, Cambrai, Arras et de Vermand qui fournissent les principaux revenus domaniaux aux dynasties franque, mérovingienne et carolingienne. La région est donc l'un des pays où l'autorité a la place la plus importante. Le territoire reste tout de même bilingue avec le roman et le germanique.
Si la christianisation est très lente, elle finit par arriver : le viie siècle en sera l'âge d'or pour les monastères missionnaires. C'est dans ces sanctuaires que se développent l'art et la culture de la région.
Vers les VIIIe et IXe siècles, les bas pays flamands s'éveillent à leur tour. Des centres commerciaux (appelé aussi portus) apparaissent comme Valenciennes, Douai, ou Saint-Omer. L'ancienne organisation territoriale de l'époque gauloise se retrouve souvent dans les circonscriptions ecclésiastiques.
En 843, l'empire de Charlemagne est divisé entre ses petits-fils lors du traité de Verdun. Le cours de l'Escaut fut alors la limite entre le domaine de Francie occidentale et celui de la Francie médiane qui sera englobé plus tard dans le Saint Empire romain germanique. Cette division sera lourde de conséquences pour la région puisque l'avenir du Hainaut et du Cambrésis sera différent de celui de l'Artois et des Flandres pour plusieurs siècles. Pourtant, les liens vassaliques de l'époque n'avaient pas la rigueur et la pérennité des traités actuels. Les rois, les seigneurs ou les échevins se sont accommodés le plus souvent des situations complexes avec les mariages royaux, la diplomatie ou encore les alliances militaires feront que le commerce de la région n'en fut pas trop touché.
Le transport des marchandises emprunte dans la région le plus souvent les cours d’eau. Les plus petites dénivellations sont des obstacles qui nécessite l'emploi des la force humaine ou animale avec des écluses. Ces lieux deviennent par la suite des agglomérations, qu’il faut défendre par des remparts. C’est le cas de Lille, ancienne limite sud du vieux comté de Flandre, dont le nom officiel apparaît en 1066, mais aussi de Valenciennes, Saint-Omer ou encore d'Arras. L’augmentation de la population implique d’immenses travaux d’aménagement destinés à augmenter la terre cultivable comme le marais de Saint-Omer qui était auparavant 4 000 ha de « mer boueuse », la forêt d’Arrouaise (dans le sud Artois) qui a été totalement déboisée mais aussi certaines zones côtières et vallées marécageuses.
Sur la frontière s'étendant de l'Escaut à la mer, l'autorité politique d'une lignée de comtes de Flandre s'organise. Les invasions vikings qui se succèdent à partir de 860 ravagent le territoire ponctuellement mais ne bouleversent pas les structures locales alors que l'autorité royale régresse. Les seigneurs qui sont les préfets au service du roi de France, deviennent les seuls recours des cités contre les razzias normandes.
L'économie européenne possède deux pôles qui sont les ports italiens qui commercent avec le Moyen-Orient et les villes drapières d'Europe du Nord-Ouest et la hanse nordique qui renforce ses flux commerciaux. Les foires et les comptoirs situé dans la région permettent la rencontre de ces deux pôles complémentaires d'où une économie très active et la construction d'une place boursière importante.

La guerre de Cent Ans
Le xiiie siècle témoigne d'un développement économique constant de la région, mais villes et villages subissent l'effondrement d'un système de production (principalement agricole) et d'échanges archaïque. Les nobles s'appauvrissent et marque le début de leur effacement militaire, ce qui prépare l'arrivée des milices communales. Les villes, qui ont acquis des privilèges considérables grâce aux bourgeois qui rachètent la ville aux seigneurs, parviennent à maintenir leurs économie au travers des crises militaires et politiques. Les beffrois se construisent un petit peu partout. L'Église garde une puissance omniprésente par son rôle culturel et social. Dans le même temps, le Hainaut qui est une terre impériale (voir au-dessus) est parfois alliée et d'autres fois ennemie de la Flandre, connaît une paix propice à l'avènement des privilèges communaux.
La rupture ordonnée par le roi de France avec l'Angleterre achève d'exacerber le sentiment anti-français de la population régionale. C'est le Hainaut qui noue une coalition au service du souverain anglais dès le début de la guerre de Cent Ans en 1337. Le début du conflit est, dans les trente premières années, une catastrophe pour la région car l'Angleterre qui est sûre de ses alliés, fait du Nord le théâtre de ses premières opérations militaires avec comme exemple la bataille de Crécy, où tombe une partie de la noblesse française ou encore le siège de Calais qui devient anglaise pour les deux siècles à venir en asphyxiant le développement des autres villes d'Artois.
La peste noire qui se répand dès 1348 frappera la région pendant plus d'un siècle, alors que dans le même temps, des mauvaises conditions météorologiques occasionnent des disettes meurtrières. Les révoltes sociales explosent avec une importante violence sur fond de misère avec une économie incertaine.

L’époque bourguignonne
En 1369, le roi de France Charles V marie son frère Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, à la fille de Louis de Mâle (comte de Flandre). Par le jeu des successions, Philippe le Hardi hérite en 1384 de la Flandre et de l’Artois. L’alliance anglo-flamande est alors rompue. Les territoires du Nord deviennent l’une des plus importantes régions de la Maison de Bourgogne. La région connaît, le temps de quatre règnes, l’âge de la puissance bourguignonne, à défaut d'un véritable âge d’or. En effet, les menaces militaires et désastres naturels sont toujours menaçants tandis que la mutation économique se poursuit en ruinant les uns et en enrichissant les autres. Pourtant, une crise économique et démographique frappe l’ensemble de l’Europe du Nord-Ouest pendant des décennies pour atteindre son paroxysme dans les années 1420-1440.
En 1407, la France se déchire entre Armagnacs et Bourguignons. Le Nord est prêt à s’allier de nouveau à l’Angleterre où l’économie devient le véritable enjeu des campagnes militaires. L’armement anglais évolue et on peut le voir à la bataille d'Azincourt en 1415 qui est un désastre pour la noblesse française incapable de s’adapter aux nouvelles techniques de combat. La maison de Bourgogne s’étend encore vers le comté de Boulogne, puis vers le Hainaut. Le « Grand Duc d'Occident » peut alors rêver d’un nouvel Empire du Milieu qui serait semblable à l’ancienne Lotharingie.
En 1435, Philippe le Bon (duc de Bourgogne), abandonne l’alliance anglaise en échange du Ponthieu. Mais, quatre ans plus tard, le commerce anglo-flamand reprend.
Enfin, en 1461, Charles le Téméraire qui est le dernier duc de Bourgogne, affronte Louis XI dans l’Artois et la Picardie qui seront ravagés. Le traité réglant la guerre de Cent Ans est signé en 1475 (traité de Picquigny).

Époque moderne

L'empire des Habsbourg

L'époque bourguignonne se finit en 1477 avec la mort de Charles le Téméraire, le roi de France Louis XI s'empresse de conquérir la région qui est un poumon économique. Mais l'héritière de la Bourgogne, Marie, épouse un Habsbourg qui est le futur empereur Maximilien Ier d'Autriche. Le roi de France doit alors céder et la région se trouve exclue du royaume français pour deux siècles, à part le Boulonnais qui reste attaché à la couronne royale et aussi quatre places fortes de l'Artois. La région, ainsi devenue un territoire convoité des grands européen, sera un champ de bataille forcé et dévasté entre les armées européennes jusqu'en 1713.
En 1519, le petit-fils de l'empereur Maximilien, Charles Quint, est sacré empereur d'Autriche et pour s'opposer à ses ambitions territoriales, François Ier cherche l'alliance de l'Angleterre au camp du Drap d'Or en 1520 mais ceci est un échec et Charles Quint continue ses conquêtes. En 1548, il baptise l'ensemble de ses propriétés du nord « le cercle de Bourgogne » qui deviendront par la suite les Pays-Bas et s'étendent à cette époque jusque le Hainaut et l'Artois. Mais en 1553, les Français attaquent les terres impériales depuis leurs places fortes d'Artois. Charles Quint ordonne alors leur destruction totale. Thérouanne et Hesdin en seront anéanties et leur sol sera labouré et stérilisé par l'artillerie.
Enfin, en 1555, Charles Quint abdique en faveur de son fils Philippe II, qui devient souverain des Pays-Bas, de l'Espagne et de la Franche-Comté pour quarante ans et en 1558, Calais est reprise aux Anglais par les Français.

L'époque des Pays-Bas du sud
Alors que les structures sociales médiévales sont à l'abandon et que les cités s'endettent sous le poids des charges militaires et des diverses fiscalités, le besoin d'entraide sociale est plus important que jamais. L'Église offre alors le double visage de ses prélats, amis des puissants, et de ses curés, attentifs à la misère des villes et des campagnes. Cela fait qu'au xvie siècle, les idées de Calvin et de Martin Luther se répandent avec force dans les Pays-Bas qui sont par ailleurs une terre où l'hérésie est importante. La Réforme, puis la Contre-Réforme, achèveront de couper le Nord-Pas-de-Calais du nord de l'Europe. En 1566, alors que la région est favorable aux idées protestantes, la « furie iconoclaste » se déchaîne avec une rare violence et la Flandre et le Valenciennois sont profondément meurtris. Les passions continuent à se déchaîner avec en 1568 la « révolte des gueux » (protestants) qui affrontent l'absolutisme de Philippe II, un souverain trop espagnol pour comprendre les besoins du Nord. Les rebelles se rendent maître de la Hollande et de la Zélande. Puis en 1579, en réaction, l'union d'Arras (catholique) se crée et s'oppose à celle d'Utrecht (protestante). C'est le début d'une guerre de Quatre-Vingts Ans qui aboutira à la scission des Pays-Bas en 1648. L'œuvre de la maison de Bourgogne est définitivement ruinée et la région dévastée. Les Provinces Unies du Nord (Pays-Bas actuel, il ne faut pas confondre!) affirment dans le même temps leur domination commerciale et coloniale.
De 1598 à 1633 commence une nouvelle époque pour la région. Suite à un mariage diplomatique, elle est offerte en dot aux archiducs espagnols Isabelle et Albert de Habsbourg et est donc annexée aux Pays-Bas espagnols (à ne pas confondre avec les anciens Pays-Bas du chapitre du dessus). C'est une ère de prospérité et de paix qui bénéficie des libéralités d'un gouvernement très peu présent. Le Nord devient un véritable foyer d'accueil pour les catholiques anglais persécutés. La Contre-Réforme très active, voire oppressante en France, renforce le sentiment anti-français jugé hérétique et libertin par la population régionale. Richelieu a été jusqu'à dire des Artésiens qu'ils étaient « tous ennemis jurés des Français et plus espagnols que les Castillans ».

L'annexion française
En 1635, après ce bref répit pour la région, les règnes de Louis XIII et Louis XIV seront une nouvelle ère de près de quatre-vingt dix ans de combats, de sièges, de pillages, de dépeçages diplomatiques et de misère. En 1648, une bataille oppose le prince de Condé aux troupes espagnoles dans la plaine de Lens. Pour Mazarin, les Pays-Bas espagnols doivent former un « boulevard inexpugnable » à la ville de Paris, qu'on pourra alors appeler « le cœur de la France ». La région redevient frontière. En 1662, dans ce climat très dur apparaissent en masse les jacqueries et les révoltes spontanées. Ainsi, dans le Boulonnais pourtant français depuis des siècles, la suppression des franchises du Boulonnais (exonérations des taxes en raison de la présence du port) conduit à la révolte des « Lustucrus ».
Progressivement, durant le règne de Louis XIV (1661 à 1715), c'est l'essentiel du territoire de ce qui allait (bien plus tard) devenir le Nord-Pas-de-Calais qui est annexé à la France. Les Provinces-Unies s'opposent pourtant vigoureusement à cet expansionnisme français dans les Pays-Bas du sud. Leur chef de guerre ('stadhouder') Guillaume III d'Orange-Nassau est de toutes les coalitions contre la France. Comme le dit l'adage de la diplomatie hollandaise : 'Gallus amicus sed non vicinus' (le Gaulois ami mais non voisin).
La guerre de Dévolution (qui se conclut par le traité d'Aix-la-Chapelle en 1668) et la guerre de Hollande (qui se conclut par le traité de Nimègue en 1678) donnent aux Français de nombreuses châtellenies. Des batailles importantes sont livrées, comme celle de Denain (1712). Le Traité d'Utrecht (1713) est le dernier traité signé durant cette période. La frontière qu'il fixe n'a presque pas évolué depuis.
Cette frontière nord du royaume est complexe. Elle est dessinée d'une manière qui est défavorable aux intérêts économiques de la région conquise. Pourtant les habitants finissent par accepter leur nouvelle identité française qui ne cessera de s'affirmer au fil des guerres et des épopées économiques.

Fin de la période moderne et début de la période contemporaine - Le xviiie siècle et le xixe siècle

De 1713 à 1815
La première trace de l'intégration française dans la région est militaire, ce sont les citadelles de Vauban qui ponctuent le « Pré Carré ». Les industries qui sont définitivement privées de leurs anciens marchés d'Angleterre et des Provinces Unies, traversent une période d'adaptation assez difficile. Le roi, soucieux de passer outre les multiples découpages des pouvoirs politiques, religieux ou judiciaires de la région impose un premier cadre administratif très simplifié. L'introduction de nouvelles techniques amène des progrès agricoles spectaculaires et même si l'industrie textile possède toujours une part importante de l'économie, le bassin minier commence l'exploitation du charbon en assurant parallèlement le développement de la métallurgie. Lille abrite alors la plus grande manufacture d'Europe de céramiques.
Jusqu'en 1788, la prospérité économique retrouvée ne concerne pas le peuple mais seulement la haute société car l'indigence reste si grande que la moindre variation de l'économie entraîne un désastre qui est amplifié car la croissance démographique est importante. Donc, après les disettes répétées depuis 1740, la crise alimentaire qui s'étend dans le royaume en cette année pré-révolutionnaire touche énormément la région.
En 1789, la Révolution française aura peu de répercussions sur le territoire régional même si le zèle révolutionnaire s'acharne sur les symboles de l'Église en détruisant de nombreux trésors artistiques et en vendant les biens du clergé dans l'indifférence. La fin des privilèges ruine de nombreuses cités et la création des deux départements en 1790 avec leur découpage ou le choix des préfectures, suscitent de graves querelles. De 1792 à 1794, la région est par deux fois envahie par l'armée autrichienne. Le siège de Lille aboutira à sceller le sentiment patriotique qui restera par la suite très important. Ce sont les armées révolutionnaires qui libèrent le territoire et envahissent les provinces belges, lesquelles seront françaises jusqu'en 1814.
En l’an VIII (1799), Napoléon Bonaparte est accueilli par une région écœurée de la violence de la Terreur et est encore profondément rurale, illettrée et avide de paix. Très vite, les notables se sont chargés d'occuper les postes les plus importants de l'administration départementale. En 1810, grâce au blocus continental, l'économie du Nord-Pas-de-Calais décolle et est assurée par le développement de l'industrie cotonnière, de la recherche minière et de la nouvelle culture de la betterave à sucre, qui remplace le sucre de canne. Pourtant, la conscription, le chômage et la misère attisent la haine des populations contre Napoléon mais en 1815, la région se soumet facilement à une armée d'occupation pour les trois ans suivants. Enfin en 1830, les provinces belges des Pays-Bas voisins se révoltent pour former un état souverain avec les provinces belges françaises ; c'est la Belgique.

La première usine du pays de 1815 à 1914
Au xixe siècle, la région s'impose comme « la première usine de France », expression née sous le règne de Louis-Philippe. Les multiples transformations du cadre de vie, des mentalités, des infrastructures est un bouleversement total d'où naissent des réussites et des drames. C'est de là que commenceront les grands problèmes non résolus de notre époque.
Le succès économique global s'est renforcé grâce à l'importation de technologies de pointe depuis le Royaume-Uni et la délocalisation de la main-d'œuvre rurale vers les villes depuis l'Artois, le Hainaut et la Belgique surpeuplés, pour une bourgeoisie dynamique et une richesse minière. De nombreuses industries comme les verreries et les papeteries fleurissent. Boulogne et Calais, tournées vers le Royaume-Uni, la pêche au large et l'exploitation de ressources locales (charbon des Mines d'Hardinghen, gisement ferreux de Marquise) ont un destin différent du reste de la région : arrivée de l'industrie du tulle à Calais en 1817, métallurgie à Marquise en 1830, etc. Les voies de communication s'améliorent considérablement avec en 1846 l'inauguration de la ligne de chemin de fer Paris-Lille). Le monde rural, bien que disparate, connaît des progrès importants avec la mise en valeur des sols puis, à partir de 1850, une véritable révolution agricole. La région est alors également la première « ferme de France ».
En 1848, la crise économique qui chasse Louis-Philippe débouche sur un espoir décevant d’une République sociale. Les clivages sont de plus en plus évidents entre les possédants et les démunis, les ruraux conservateurs et les ouvriers socialistes. Mais le Nord-Pas-de-Calais reste un « Eldorado » pour des entrepreneurs ambitieux avec en 1850, la mise en exploitation du gisement houiller de l'intérieur des terres du Pas-de-Calais. Le bassin minier va prendre le visage qui est encore le sien aujourd’hui. D’autres villes non minières prennent leur essor grâce à la concentration et à l’expansion du textile, de la confection, de la sidérurgie, de la métallurgie et de la chimie industrielle.
En 1860, le traité de libre-échange avec le Royaume-Uni mécontente les industriels et des grèves secouent la région ; pourtant, un an plus tard, la Bourse des valeurs de Lille est ouverte. Le négoce de laine prend sa dimension mondiale à partir de l’axe Roubaix-Tourcoing. En 1870 avec la guerre contre la Prusse ne cause guère de dégâts sur le territoire. Même si elle est un désastre national, elle est une chance de plus pour la région puisque la perte de l’Alsace-Lorraine conforte le Nord-Pas-de-Calais dans son rôle économique. À l'aube du xxe siècle, la région est au maximum de sa puissance. Mais les faiblesses qui la rongent apparaissent déjà avec une vie politique et une structure sociale profondément déchirées, une urbanisation archaïque ou anarchique, des infrastructures hétérogènes et souvent insuffisantes, une sous-qualification, un sous-développement scolaire et un secteur tertiaire en retard.
Le socialisme prend fortement racine dès 1889 tandis que les grèves et manifestations se multiplient comme le 1er mai 1891 avec la fusillade de Fourmies. Si la région devient l’un des principaux bastions de la Gauche parlementaire, c’est aussi dans ses villes que le catholicisme apprend à considérer le social autrement que sous l’angle de la charité.

Époque contemporaine - Le XXe siècle et l'avenir

Les crises
Pendant la Première Guerre mondiale en 1914-1918, la région est à nouveau envahie. Durant quatre ans, la population va devoir subir « le Front », ses horreurs, ses privations, ses angoisses, et avec l'occupation, les brutalités, les pillages, les bombardements. Cette période noire décime les hommes. Le territoire en grande partie en « zone rouge » est ravagé avec 400 000 hectares à nettoyer dans le Nord et 152 000 dans le Pas-de-Calais (qui reste, après le secteur de Verdun la seconde zone de France où l'on découvre encore, presque quotidiennement le plus de munitions non-explosées. La reconstruction s'engage difficilement mais sera dans l'ensemble réussie, sans qu'elle puisse effacer toutes les séquelles de guerre. Le déficit de la population est compensé par l'arrivée massive d'immigrants, en majorité belges et polonais. L'année record de l'arrivée d'étrangers dans le Bassin minier est 1925 avec 224 000 immigrants1.
En 1929, la crise économique mondiale va frapper le colosse régional en chacune de ses faiblesses. C'est au tour des habitants du Nord-Pas-de-Calais d'émigrer, par milliers, jusqu'en 1936 avec l'arrivée le Front populaire qui durcit évidemment le climat politique régional. Les grands patrons et les syndicats s'affrontent sans merci avec l'exemple du député socialiste Roger Salengro qui victime d'une campagne calomnieuse et dégradante, se suicide.
En 1940, la Seconde Guerre mondiale est une nouvelle épreuve pour la région ; L'invasion allemande est si rapide qu'elle provoque une véritable psychose collective : c'est l'exode. Le réembarquement des soldats britanniques entraîne l'acharnement des bombardements sur le port de Dunkerque qui est quasiment rayé de la carte. De 1940 à 1944, l'occupation mettra la région hors de la juridiction française. Cette « zone interdite » est alors rattachée à la Belgique et devient un lieu de production industrielle massive adaptée aux besoins du Troisième Reich, et une zone stratégique de première importance comme le prouve le Mur de l'Atlantique, les aéroports militaires, les bases de lancement de fusée V1 etV2. La moitié des troupes d'occupation sont basées dans le Nord-Pas-de-Calais. Les destructions dues aux sabotages des résistants et aux bombardements des Alliés ne sont que ponctuelles, mais créent un sentiment permanent d'insécurité pour l'occupant. La plus grande grève jamais observée, jusqu'à nos jours, dans un pays occupé a d'ailleurs lieu en 1941, avant l'invasion de l'URSS par l'Allemagne et ses alliés, et touche tout le bassin minier. La grève, "revendicative et patriotique" pour "du savon et du pain" sera durement réprimée, alimentant en réaction les réseaux FTPF et FTPF-MOI (immigrés polonais et prisonniers russes et ukrainiens, évadés des camps d'internement implantés dans le Pas-de-Calais). Toutes ces actions scellent un sentiment national face à l'envahisseur, entre les différentes sensibilités de la Résistance.

Après guerre et Avenir
Dès 1944 avec la reconstruction, les Houillères sont nationalisées pour favoriser la bataille du charbon avec les autres pays européens. Cependant, les restrictions alimentaires se perpétuent alors que les mineurs meurent au travail "pour relever la France". Un profond sentiment d'injustice domine qui conduira à de grandes grèves que le gouvernement français fera réprimer par la troupe. Deux ans après avoir contribué à la libération de la France, les mineurs verront à nouveau les soldats et les chars circuler dans les corons et tirer sur la foule. La sidérurgie est restructurée en 1948 avec la constitution d'Usinor. L'amélioration des infrastructures, la reconstruction des villes et l'accroissement démographique contribuent à assurer le redémarrage. En 1952 le Pacte européen Charbon-Acier (CECA) décidera de l'avenir à long terme des industries du Nord-Pas-de-Calais en programmant leur restructuration pour les 30 années à venir. Dans les années 1960, la période de prospérité cache mal les faiblesses de l'économie régionale (grève générale des mineurs de 1963 et ordre de réquisition des mineurs qui provoque le départ du gouvernement des ministres socialistes du Général de Gaulle) ; mais progressivement, une prise de conscience s'opère et débouche sur une modernisation vigoureuse de l'autoroute Lille-Paris dès 1954, celle d'Usinor-Dunkerque en 1962, ou encore la rénovation de l'usine Française de Mécanique à Douvrin en 1968 ou de Renault Douai en 1971. En 1973, les chocs pétroliers, la crise économique dans laquelle le monde s'enlise et l'application du Plan CECA de 1952 ravagent les zones industrielles provoquant la disparition de plusieurs centaines de milliers d'emplois qui ne seront jamais compensés par les créations nouvelles. Des pans entiers de l'économie traditionnelle s'effondrent, révélant les fragilités et les archaïsmes de l'appareil de production et des conditions de vie. Mais en 1982, les lois de décentralisation accroissent sensiblement les pouvoirs des collectivités locales françaises. C'est un nouvel espoir dont les limites apparaissent rapidement face au désengagement de l'État et à l'ampleur des problèmes à affronter. 1994 marque le début d'une série extraordinaire de grands travaux qui aboutit à la mise en exploitation du TGV Nord-Europe, d'Eurostar, de Thalys et du Tunnel sous la Manche. Dans le même temps, les dynamismes locaux se structurent pour créer les conditions d'un développement maîtrisé. Lentement, la région oublie son rôle de frontière stratégique et efface les cicatrices profondes de l'industrialisation forcenée dont les traces persistent avec les anciennes usines, les terrils ou les maisons ouvrières.
Aujourd'hui, le Nord-Pas-de-Calais se trouve au centre de l'Union européenne et la région augmente le nombre de mesures pour améliorer le devoir de mémoire en réhabilitant ses sites historiques, en ouvrant des musées consacrés à la mémoire ouvrière (Centre historique minier de Lewarde (le plus important d'Europe), du Textile, des Postes, de la Faïence, de la Pêche artisanale à Étaples, de la Mer à Nausicaä à Boulogne-sur-Mer…). Il est aussi à noter que depuis que l'espace Schengen existe, la région est plus proche de la Belgique voisine et que les aménagements (routiers par exemple) se font désormais en commun.

sources wikipedia.
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Préhistoire et Antiquité

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