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 Louis Leon César Faidherbe

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audomar62
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Age : 69

MessageSujet: Louis Leon César Faidherbe   Jeu 11 Nov - 10:25




Louis Léon César FAIDHERBE

1818-1889
né à Lille le 3 Juin 1818, Général, colonisateur, commandant de l'armée du Nord.

sources : Préface par Monsieur Pierre Pierrard du livre de Monsieur Alain Coursier.
FAIDHERBE 1818 - 1889 Du Sénégal à l'Armée du Nord.






    Parmi les Contes du lundi d'Alphonse Daudet, l'un des plus cruels est la Partie de billard. Un général français, en pleine déroute de l'armée impériale, durant l'été 1870, et alors que le canon prussien tonne de plus en plus fort, s'acharne, veste déboutonnée, à mener à bien une partie de billard.

    je sais bien que les romanciers naturalistes, Zola (Débâcle ) en tête, se sont livrés à une critique violente de l'incapacité bravache et de la scandaleuse et criminelle impréparation des généraux de Napoléon III, qui jetèrent la France d'Offenbach, encore toute enivrée des bals du second Empire, sous les sabots des cavaliers prussiens.

    Les généraux ne furent pas tous des Bazaine ; beaucoup, pris individuellement, étaient des gens braves, mais ils étaient incapables d'imaginer la guerre sur le continent comme fondamentalement différente des escarmouches africaines.

    Tout autre est Louis Léon Faidherbe. Il entre en scène lors du second acte du conflit franco-allemand de 1870-1871 :
    la guerre de Défense nationale, entièrement improvisée par Léon Gambetta,l'avocat républicain qui fut un adversaire redoutable de l'empire finissant.

    Il appartient à une espèce qui, en 1870, était rare : général républicain.
    Alors que les militaires de la génération précédente et ceux de sa génération
    - il est né en 1818, sous Louis XVIII -
    ont presque tous servi la monarchie restaurée ou Louis Napoléon Bonaparte, Faidherbe, dès sa jeunesse, s'avère un libéral,
    aux yeux de qui la République est le seul régime capable de fournir à la Nation des serviteurs attachés à toutes les vertus civiques.

    Faidherbe n'est pas un Saint-Arnaud qui fut le sabre voire le sabreur - du coup d'Etat du 2 décembre 1851, acte que notre Lillois considéra toujours comme un crime politique.

    Il n'est pas non plus Gallifet, le fossoyeur, en mai 1871, de la Commune de Paris : ses ennemis reprocheront même à Faidherbe d'avoir montré peu d'empressement à envoyer des troupes grossir l'armée de Versailles ; il est, en effet, probable que le fils d'un petit boutiquier lillois fut de coeur avec les fédérés vaincus.

    Mais il est soldat avant tout, il n'est pas un mutin. Sa vie est, comme celle d'innombrables officiers français, l'illustration de l'admirable analyse qu'Alfred de Vigny en fit dans Servitude et grandeur militaires.

    Et puis Faidherbe est un homme du Nord, de cette race que son compatriote lillois Albert Samain, dans son célèbre poème consacré à la Flandre, verra sous les traits d'un "Peuple grave et droit, ennemi de l'esclandre".

    Celui que ses adversaires prussiens, en 1871 appelleront "le chiendent" - rendant ainsi hommage à son opiniâtreté - est un taciturne, dont l'âme passionnée se laisse mal voir sous un masque tellement osseux qu'il fait penser à celui
    d'une momie ; masque qui est encore durci par un nez un peu crochu, de larges moustaches retombantes, sans oublier les célèbres petites lunettes en métal par où passe un regard qui peut se faire d'acier.


    Alain Coursier a signé un livre austère, et il a eu raison, car Faidherbe fut un homme austère. Il serait difficile de tirer de son existence, commencée dans l'anonymat et achevée dans la souffrance - une souffrance telle qu'elle arracha parfois des larmes au vieux soldat -, des détails colorés, des épisodes piquants, dont sont friands les anecdotiers de l'histoire. Né pauvre, Faidherbe vécut pauvre, essentiellement de sa médiocre solde d'officier.

    Sa vie se résume aux étapes de sa carrière. Etre gouverneur du Sénégal, général en chef de l'armée du Nord, député, sénateur, ce n'est pas rien - mais qui s'inscrit dans un cursus où l'ambition gratuite, égoïste, n'a aucune place.

    Une carrière qui, à mon avis, n'est pas suffisamment connue, ou qui l'est mal.
    C'est pourquoi il faut être reconnaissant à Alain Coursier d'avoir, tout en évitant les pièges de l'hagiographie, réagi fermement, pièces en main, contre la calomnie, les silences jaloux ou les réticences hypocrites de ses adversaires monarchistes qui prétendaient ne faire aucun cadeau, n'attribuer aucun vrai mérite à un général républicain qui joignait cependant aux vertus de Cincinnatus celles de Germanicus, mais qui eut le tort de ne pas faire valoir ses mérites dans les salons mondains.

    Après avoir montré que Faidherbe ne trouva pas dans son berceau les vertus rares qui font naturellement les héros, mais que, au contraire, les études du jeune Lillois, aussi bien au Collège royal de Lille qu'à l'Ecole Polytechnique et à l'Ecole d'application du génie de Metz, furent assez médiocres, comme furent médiocres ses années de garnison en métropole, Alain Coursier insiste sur le fait que c'est l'Afrique, l'Afrique du Nord (1843-1846),sous Bugeaud, puis l'Afrique noire, qui révéla le lieutenant Faidherbe à lui-même.

    Alain Coursier a consacré au long séjour (1852-1865) de Faidherbe au Sénégal, région dont il fut gouverneur durant onze ans, plusieurs chapitres magistraux qui constituent, superbement brossée, une page de l'histoire coloniale ; une histoire vue à travers une forte personnalité et qui est d'autant plus instructive que nos informations scolaires, en matière coloniale, sont centrées sur l'Empire créé par Jules Ferry, sous la troisième République.

    Or, Faidherbe, au temps de Napoléon Ill, fut le précurseur des grands coloniaux de la période 1880-1914 : par son relatif effacement, sa simplicité, sa silhouette aussi, il est plus proche de Gallieni, le pacificateur de Madagascar, que de Lyautey, qui sera comme le vice-empereur fastueux du Maroc.

    Notre auteur prend soin, d'ailleurs, de montrer que Faidherbe n'est pas un Savorgnan de Brazza. Dans sa lutte contre Mohammed el-Habib et, contre ce messie musulman que fut el Hadj Omar, Faidherbe employa les méthodes que Bugeaud avait appliquées dans la poursuite d'Abdel-Kader : razzias et brûlis de villages. Comme tous les colonisateurs du XIXe siècle, il imposa l'unité du Sénégal au détriment des ethnies.

    Faidherbe fut, en Afrique, non seulement un grand chef de guerre (le siège de Médine, en 1857, est resté attaché à son nom au même titre que la victoire de Bapaume, en 1871), mais aussi un pacificateur, qui sut s'attacher les populations africaines. Cet ethnologue toujours curieux fut aussi un urbaniste qui fit de Saint-Louis une véritable ville.

    Ce gouverneur du Sénégal s'intéressa aussi bien aux problèmes d'eau douce qu'à la culture de l'arachide, à la lutte contre les incendies de brousse autant qu'à l'encadrement scolaire. Mais on ne peut rétrospectivement exiger de Faidherbe qu'il oublie le but qu'on lui a fixé et qui, d'ailleurs, lui tient à coeur : faire du Sénégal une colonie pacifique et prospère à l'usage exclusif de la France.

    En 1865, il a 47 ans - Faidherbe quitte le Sénégal : sa santé est mauvaise et, comme le constate un journaliste lillois : "Il semble avoir fondu au soleil du Sahara tout ce qui est fusible dans le corps d'un homme. " Les cinq années qui suivent, vécues dans des postes algériens, sont marquées aussi, pour le général Faidherbe, par une demi-disgrâce dont il n'émerge qu'en octobre 1870, lorsqu'il apprend la débâcle de l'armée française : Metz, après Sedan.

    Lui qui appartient à "la grande muette", mais qui a été très affecté d'avoir été écarté des champs de bataille, s'exprime en un ordre du jour où après avoir constaté que l'honneur de la France a été violé, il souhaite faire partie du "noyau d'une armée nationale qui fera oublier les défaillances ou les trahisons des armées impériales ".

    Cependant, officier discipliné, Faidherbe attend que la jeune République lui fasse signe.
    L'appel ne tarde pas : il part naturellement du Nord natal où Achille Testelin - le "bouillant Achille" -, commissaire du gouvernement de la Défense nationale, qui veut, lui aussi, empêcher les Allemands d'investir complétement Paris, ne peut obtenir de Bourbaki, commandant la région, de passer à l'offensive pour fixer l'ennemi en Picardie. Il est vrai que les unités levées par l'énorme effort de Gambetta ne sont que des amalgames improvisés de soldats aguerris et de Mobiles (moblots) sans entraînement.

    Le 19 novembre 1870, Bourbaki est remplacé par Faidherbe à la tête de l'armée du Nord. Il y a urgence, car Manteuffel, occupant Laon, Soissons, Saint-Quentin, vise Rouen et Amiens.

    C'est alors que se déroule, de Pont-Noyelles à Saint-Quentin, en plein hiver - et quel hiver ! - la courte (deux mois) mais terrible campagne du Nord. Odyssée sanglante et obscure d'une petite armée dépourvue de tout, sauf de courage, et qui est soutenue par un chef exceptionnel, un meneur d'hommes dont les qualités de stratège se révèlent particulièrement au cours des journées des 3 et 4 janvier 1871, à Bapaume: victoire sans lendemain car inexploitable par une armée épuisée, mais qui fait l'admiration de l'adversaire direct de Faidherbe, le général Goeben. Celui-ci reconnaîtra que, sans les harcèlements perpétuels du Lillois, les Allemands auraient été six semaines plus tôt à Paris.

    En définitive, le courage le plus intelligent et le plus opiniâtre - dont le déploiement est très bien mis en lumière et en valeur par Alain Coursier - ne peut rien contre la machine allemande, menée par un de Moltke au sommet de son génie. L'affaire de Saint-Quentin, les 18 et 19 janvier 1871, tourne mal pour les Français, sans que Goeben puisse d'ailleurs la transformer en un nouveau Sedan.

    Faidherbe est brisé de chagrin et dans un état physique tel que ses officiers doivent le porter jusqu'au wagon qui doit l'amener à Lille. De sa ville natale, le 21 janvier, il adresse à ses soldats un ordre du jour poignant. "Ce que vous avez souffert, ceux qui ne l'ont pas vu ne pourront jamais se l'imaginer..." Puis il demande au ministre que l'armée du Nord soit dissoute pour le ler mars.

    Mais, déjà, sans qu'il l'ait cherché, s'ouvre pour Faidherbe une autre carrière, à laquelle ce rude soldat est peu préparé : celle d'homme politique.

    C'est que sa popularité est telle, il apparaît avec une telle évidence, aux populations du Nord, à la fois comme le représentant d'une intégrité dont l'histoire récente a donné peu d'exemples et comme l'incarnation d'un idéal républicain et laïque terriblement combattu par la majorité monarchiste et cléricale, que naturellement, le 8 février 1871, il est triomphalement élu à l"Assemblée nationale par le département de la Somme. Faidherbe refuse le mandat, mais il acceptera de siéger au Conseil municipal de Lille, en avril : il vient d'être libéré de sa fonction militaire. Il est de nouveau élu député (du Nord) en juin 1871, mais il démissionne bientôt. Conseiller général, il sera élu sénateur en 1879.

    En fait, Faidherbe est plus un porte-drapeau - celui du libéralisme dans un Nord qui le vénère - qu'un véritable homme politique. Il n'en a que plus de mérite : car non seulement il aurait pu vieillir en paix, mais il se serait évité les déchaînements de haine des adversaires de la République et n'aurait pas compromis un peu plus une santé qui se délabre tellement que, la paralysie aidant et l'oedème cérébral, il est, à 60 ans, un infirme dont le caractère s'aigrit au contact de milieux politiques où règnent des compromissions dont il a horreur et auxquelles la rude vie militaire ne l'a pas préparé.

    louis Léon Faidherbe meurt le 29 septembre 1889, l'année du centenaire de la Révolution. Cette Révolution - on l'a trop oublié - qui a été servie par des soldats comme Hoche, Desaix, Carnot... A ces officiers, au caractère de général romain s'apparente, par plus d'un trait, l'austère soldat lillois à qui Alain Coursier, en ce année du bicentenaire de la Révolution, consacre une biographie admirable, un livre écrit avec la plume, mais surtout avec le coeur, par quelqu'un qui, à travers la personnalité d'un des plus illustres enfants de Lille, a su atteindre " l'âme du Nord ".
    Pierre Pierrard


ETAT DES SERVICES RECONSTITUE
LOUIS LEON CESAR FAIDHERBE
NE LE 3 JUIN 1818 A LILLE (NORD)



I - GRADES ET CORPS:


  • Elève à l'Ecole Polytechnique, le ler novembre 1838.

  • Sous-lieutenant élève du génie à l'Ecole d'application de l'Artillerie et du Génie le ler octobre 1840.

  • Lieutenant en second au 1er régiment du génie le 1 er octobre 1842.

  • Lieutenant en premier au 2e régiment du génie le 20 janvier 1844.

  • Classé à l'Etat-major du génie et employé en Algérie, le 11 février 1846.

  • Employé à Belfort le 2 avril 1846.

  • Capitaine de 2e classe le 12 septembre 1846.

  • Employé
    -à Lille le 20 mars 1847
    - à la Guadeloupe le 2 janvier 1848
    - à la Basse Terre le 29 mars 1848
    - à Pointre à Pitre le ler mai 1849
    - en Algérie le 3l octobre 1849
    - à Constantine le 11 janvier 1850
    - au Sénégal le 5 août 1852.

  • Chef du génie et Directeur des Ponts et Chaussées au Sénégal le 8 décembre 1852.

  • Capitaine de Iere classe le 10 janvier 1853.

  • Sous-directeur des fortifications au Sénégal le 8 décembre 1853.

  • Chef de Bataillon, hors cadre, le 5 août 1854.

  • Gouverneur du Sénégal le ler novembre 1854.

  • Lieutenant-colonel, le 8 octobre 1856.

  • Colonel le 24 décembre 1858.

  • Mis à la disposition du Gouverneur général de l'Algérie, le 11 septembre 1861.

  • Mis à la disposition du Ministre de la Marine et des Colonies le 8 mai 1863.

  • Général de Brigade et Gouverneur du Sénégal le 20 mai 1863.

  • Général commandant la 2ème subdivision de la Corse, le 29 novembre 1865.

  • Général commandant la subdivision de Bône le 7 janvier 1869.

  • Commandant par intérim la province de Constantine en 1870.

  • Général de Division commandant le 22eme corps d'armée à Lille, le 18 novembre 1870.

  • Commandant en chef l'armée du Nord (22e et 23e corps d'armée) le 18 décembre 1870.

  • Disponible à sa demande le 24 avril 1871.

  • Membre de l'Assemblée nationale en 1871.

  • Démissionnaire de son mandat et chargé d'une mission scientifique en Egypte et placé hors cadre le 12 otobre 1871.

  • Membre de la Commission centrale des chemins de fer le ler octobre 1872.

  • Membre du Conseil supérieur des voies de communication le 31 janvier 1878.

  • Elu Sénateur du département du Nord, le 5 janvier 1879.

  • Grand Chancelier de la Légion d'honneur, le 28 février 1880.

  • Maintenu, sans limite d'âge, dans la Iere section du cadre de l'Etat-major général, le 26 mai 1883.

  • Décédé à Paris, au Palais de la Légion d'honneur, le 28 septembre 1889.
    NOTA: Mr le Général Faidherbe était membre de l'Institut (classe des Inscriptions et Belles-Lettres).


II - CAMPAGNES:


  • 16 mai 1844 - 26 mai 1846 : Afrique.

  • 14 février 1848 - 10 octobre 1849 : Guadeloupe.

  • [*ler décembre 1849 - ler juillet 1852 : Afrique.

  • 6 décembre 1852 - 15 juillet 1861 : Sénégal.

  • 26 septembre 1861-24 avril 1863 : Afrique.

  • 1863-1864 : Sénégal.

  • Janvier 1869-novembre 1870 : Afrique.

  • 1870-1871 Contre l'Allemagne.


III - BLESSURES - Blessé légèrement à la main droite en 1858 pendant l'expédition de Médine (Sénégal).


IV - DECORATIONS:


  • Chevalier de la Légion d'honneur, le 23 avril 1852.

  • Officier le 2 octobre 1855.

  • Commandeur le 12 août 1861.

  • Gand officier le 15 juin 1871.

  • Grand Croix le 3 février 1880.

  • [Décoré de la médaille militaire, le 31 décembre 1880.

  • Officier de l'Instruction publique, le 18 août 1868.

  • Décoration de 1ère classe de l'ordre de Nichan Iftikhar,le 4 juillet 1869.


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