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 AUGIASANA

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audomar62
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Age : 69

MessageSujet: AUGIASANA   Sam 4 Sep - 15:08





Je vais maintenant passer en revue l’alphabet entier, en indiquant quelques changemens de lettres qui
modifient la prononciation. Je n’épuiserai pas la matière, elle est presque inépuisable.

A

Comme en français et se change en différentes lettres, savoir :
En i, dimanche fait diminche.
Ar, acajou, arcajou ; aussi en usage à Paris.
In, avanie, invanie.
O, pauvre, pofe.
Armoire, omére, qui donne aussi oi en é.
E, anneau, éniau, qui donne également l’é en i.
En, attention, intention.
E muet, consommation, consometion, prononcez consom’tion.
L’a joint à d’autres lettres en détermine le son.
Ab, se prononce ap, abcés, apcé.
Able, en ape, abominable, abominape. Ainsi de tous les mots en able.
Quelquefois lorsque l’a précède le d, celui-ci prend le son du t : adverbe, atverpe, qui offre le b en p.
Le d en t, ambassade, ambassate.
Lorsque l’a précède le f, celui-ci se change en p : agraffe, agrape ; si c’est un g, il se change en che : âge,
ache ; avantage, avantache ; linge, linche ; au reste, ge final se change toujours en che : rouge, rouche ; étrange,
étranche ; c’est en partie ce qui a fait nommer rouchi le patois qui nous occupe. V. ce mot.
L’a joint à l’i, prend différens sons :
A, raisin, rosin.
A, ais, asiau.
E, aiguille, éwile, qui offre gu en w.
Ai, aide, aite, eite.
Assez souvent il s’opère une métathèse, comme par exemple : abaisser, abassier.
Al se change en ar : almanach, arménaque, qui offre aussi l’a en é.
En au : mal, mau, animal, animau.
Ar se change en é : arête, érèque, qui donne le t en que.
En en : arracher, enracher.
En er : arrhes, errhes.
Asse se change en ure : crevasse, quervure, qui offre cre en quer.
En ache : chasse, cache ; échasse, écache.
Ast en asse : asthme, asse. De même astr : pilastre, pilasse ; astre (aster) asse. Étudier aux asses.
At en ra : attiser, ratisier.
Au en a : aumone, amone.
En ale : sauge, sale.
En on : précaution, précontion.
Cette lettre subit encore d’autre changemens que l’usage fera connaître.

B

Se prononce comme bée, en faisant sentir fortement l’e muet. Se supprime quelquefois, comme dans
obscure, oscure ; diable, diale ; diablesse, dialesse : établi, table de tailleur, étauli.
Bl se change en pe : noble, nope ; scribe, scripe.
Br en p : octobre, octope.

C

Cette consonne, ainsi que celles qui se prononcent en é, prennent l’e muet.
Se change en g : difficulté, diffigulté.
Ce en che : douce, douche pour les deux genres ; balance, balanche.
Cet final en ché : lacet, laché.
Ci en chi : cire, chire ; citrouille, chitroule.
Che et ge en que et ke : charge, kerke, fardeau ; chêne, kêne ; tache, taque ou take ; chemise, kémise.
Cle en que : obstacle, ostaque.
Che final en que : blanche, blanque ; mouche, mouque.
Cte se supprime, comme dans respect, qu’on dit respé, ou se change en que : insecte, insèque.

D

Se change en t, comme nous l’avons remarqué ; en voici d’autres exemples :
limonade, salade, dinde, coude, mode, font : limonate, salate, dinte, coute, patois keute, mote.
Le mot coute du bras ou coudre, verbe, fait keute pour les deux sens ; enfin tous les d, suivis d’un e muet, se
changent en t.
Suivi du r, le d se change également en t, parce qu’on ne prononce jamais l’r que suit un e muet final, les
exemples en sont fréquens : coudre, moudre, descendre, rendre, prêtre, fenêtre font : coute, moute, dékente,
rente, prête, ferniéte.

E

Devant un n, se prononce toujours comme dans la première syllabe d’ennemi. Je crois que pour bien
indiquer cette prononciation, il faudrait accentuer l’énnemi.
E muet ou moyen se changent en a : galetas, galatas.
En i : encre, inke.
En o : gosier, gasio.
En ou : éperon, époron ou épouron.
E fermé en a : écoutez, acoutez.
En ré : écurer, récurer.
En ié : fer, fier ; tête, tiète.
En dé : ébrener, déberner.
En in : écarlate, incarlate.
Ea en ia : chapeau, château, bateau, beau font : capiau, catiau, batiau, biau. Ce changement est constant dans
tous les mots où eau n’est pas précédé d’un c, car pourceau fait pourchau ; quoique morceau fasse morciau.
Eu se change en o : jeune, jone ; jeunesse, jonesse ; rajeunir, rajonir.
Ef en af : effronté, affronté, surtout au féminin.
Est en e : c’est, ch’est. On doit écrire : ch’est, ce est.
Et final en é : décret, décré.
Eur en ou, ou en oux : rieur, chieur, pisseur font : rioux, tioux, pissioux, avec ou sans x final : « ch’est un
tiou, ch’est des rioux. » Cependant presque tous les mots terminés en eur ont la désinence en eux, et ceux en
eur en français ne changent presque jamais : créateur, voleur, coeur, bonheur, malheur, peur, se disent comme
en français ; pleureur, pleureuse font bréiou, breoire.

F

Se prononce comme en français et se change quelque fois en p, dégrafer, dégraper.
Fre se change en fe par la suppression du r : gaufre, waufe ; balafre, balafe ou berlafe.

G

Suivi d’un a se change en w : gagne-pain, garder, gater, font : wagne-pain, warder, water ; gâtechamps,
gâte-blé font : wate-camps, wate-blé.
G suivi d’un r se change en cr et en gue : gros, graissier, grappe, grenade font : cras, crassier, crape, guernate
; grande fait grante.
Se change en l dans certains mots : sauge, sale.
En q à la fin des mots en gue : digue, dogue, drogue, langue, harangue, font : dique, doque, droque, lanque,
haranque, etc.
En che lorsqu’il est suivi d’un e muet final : déluge, déluche.
Gle final se change en que : épingle fait éplinque, seigle (sécale) séque. Le premier de ces mots offre aussi
une métathèse par le déplacement du l. G se supprime assez souvent et presque toujours vis-à-vis d’un m,
ou d’un l suivi d’un e muet, lorsqu’il n’y a pas de métathèse : digne, maligne font dine, maline ou malène ;
exceptés agnés, ignace qui font : ag-nesse, ig-nace ou gnace. aveugle, étrangle font : aveule, étrane.

H

Se prononce comme en français ; il y en a fort peu d’aspirées, je doute même qu’il y en ait, n’étant
pas bien certain que celles que l’on croit telles ne puissent être remplacées par le w qui se prononce à la walone
(ualonne).
H se changent en l : cahier, calier.
Hi se change en a : hirondelle, arondièle.

I

Se prononce comme en français, et se change quelque fois en e : distiller, destiler ; diligence, déligence
; etc.
En ai : famine, famaine ou famène.
U : tulipe, tulupe.
In en é : invalide, évalite. « Il ira aux évalites ».
Ir en in : irréprochable, inréprochape.
Ier en oier : délier, déloier.
Ir en ère : offrir, offère.
Isme en isse : prisme, prisse.
Isse en iche : éclisse, écliche.
Ive en fe : vive, vife.
Ivre en ife : Vivre, Vife.

J

Se prononce ji et se change en g lorsqu’il est suivi d’un a. Exemple : jambe, jambon, jarretière, jaune,
jaunisse, jardin, font : gampe, gambon, gartier, gane, ganisse, gardin. Il y a cependant des exceptions telles
que : jaloux, jamais, jadis, jalap qui se disent comme en français.

L

Se prononce comme en français et se mouille rarement, du moins celles qu’on pourrait soupçonner
d’être mouillées le sont d’une manière si insensible, que j’ai cru pouvoir faire toujours suivre l’i du l, on sera
libre d’en agir autrement, ce patois sur lequel personne n’a encore écrit n’ayant pas de règles bien établies.
Cependant il ne faudrait pas dire comme le peuple de Paris, paie pour paille, Versâie pour Versailles ; ces
deux mots, en rouchi se prononcent pale, versale.
Cette lettre se supprime quelque fois, comme dans sel qui fait Sé ; branler, braner, étrangler, Etraner,
etc ; elle remplace quelque fois le r : ivoire, ivoile ; et le n : lomer pour nommer ; Liméro pour numéro.
Ils se change en eu : Fils fait Fieu.

M

Se prononce comme en français, c’est peut-être la lettre qui éprouve le moins de changement ; je ne
puis m’en rappeler aucun.

N

Se change en l dans les mots : marne, numéro, nommer qui font : marle, liméro, lommer. Renommée
ne change pas.

O

Prononciation impossible à peindre, le bouche entr’ouverte.
L’o se retranche souvent ; en voici quelques exemples : louer, donner en location, luer ; jouer, juer.
Eblouir, écrouelles font ébluir, écruelles.
Moi, mi ; toi, ti ; moisson, misson ; nettoyer, fait nétier.
O se change en ou : rosée, rousée.
En a : gosier, gasio ; oui, awi ; omelette, amelette ; dommage, dammage.
Oi en au, du moins dans la prononciation. Doigt, froid font dau, frau ou dô, frô ; et presque tous les mots en
ois et en oir, comme fois, trois qu’il faut prononcer fau, trau ; rasoir, rasau. Les verbes en oir sont exceptés et
se prononcent comme en français. Cependant voir, s’asseoir font vir, s’assir. Choir fait quéhir.
Oi se change également en i comme voisin, visin ; voisine fait visène, ce qui rentre plutôt dans la classe des
mots dans lesquels l’o doit être supprimé.
Ose se change en osse : rose, chose, rosse, chosse : et par un contraste inexplicable, quelques personnes qui
se piquent de parler purement, disent rose pour rosse, mauvais cheval. Le peuple qui ne fait pas cette différence,
dit rosse pour la fleur et pour le mauvais cheval.
Oq, ou et oup se changent en o : coq, cou, coup font co.
Ou en o et en au : joue, jaue ; poumon, pomon.
Où se change en du : Où vas-tu ? Dùs-te vas ?
Osse en oche : Carosse, Caroche.

P

Se change en r : insupportable, insurportape.
En b : poutrelle, boutreule.

Q

Se prononce comme en français et se change en g, comme dans liqueur,
quille qui font ligueur, guille. En beaucoup d’occasions cette lettre devrait être remplacée par le K.

R

Se prononce comme en français.
Re se change en er : revanche, se revanger, font ervinque ou ervinche, s’ervenger.
R se change en l : rare, rarement, morue, serrure qui font : rale, ralement, molue, serule.
R en n : irréprochable, inréprochape.
R vis-à-vis e final se supprime presque toujours.
Promettre, propre font promete, prope.

S

Comme en français, et se supprime quelquefois. Scolastique, colastique.
Entre deux voyelles, se double toujours, ainsi que dans les mots en eux, qui font eusse au féminin : trompeuse,
menteuse, gueuse, rêveuse, voleuse qui font : trompeusse, menteusse, gueusse, rêveusse, voleusse.
Au commencement des mots, lorsqu’elle est suivie d’une consonne, se change ordinairement en es,
lorsqu’elle ne se supprime pas : spectacle, espectaque.
Sa, si en che : siamoise, savatte, chamoise, chavate.

T

Se change en q : arète, érèque.
Ti en si : digestion, digession ; mais indigeste fait indigesse ; peste fait pesse.
Tre en te par la suppression du r, ainsi que nous l’avons déjà vu : abattre, abate, et dans tous les verbes en re,
excepté ceux en ire qui se prononcent comme en français.
T final en l : parapet, parapel.

U

Se prononce ue, en faisant entendre sensiblement l’e muet, et se supprime souvent. Exemple : lui,
souris, nourrir, mourir qui font : li, soris, norir, morir.
U se change en eu : plume, fumée, bossu, font : pleume, feumière, bocheux.
En er : toupie, soulier font : torpie, sorlet.
O : truelle, troielle.
I : humeur, numéro, himeur, liméro.
Ur en our : surnom, sournom.

V

Ve final se change en fe : vive, veuve, font : vife, vefe.
V en b : cadavre, cadabre.
Vre se change en fe : pauvre, pofe. Cependant ce mot prend quelquefois un r, alors le v reste. Pauvres gens,
fait povergens ; néanmoins pauvre prêtre fait Pofe-Préte. Il faut beaucoup d’usage pour connaître toutes ces
variations.

W

Se prononce en glissant légèrement sur l’u qui est très bref. Il faut dire ua, ue, ui, uo, d’une syllabe.
Prend souvent la place du g : regarder, gâter, font : rwetier ou er’wetier, water ; gagne, fait wane.

X

Se prononce isque, en faisant sonner l’es et se change conséquemment en que : fixe, fixer, fisque,
fisquer. Faulx, instrument tranchant, fait fauque ; cependant chaux [calx] fait cauche. Il se change aussi en ss
: toux, tousse.

Y

Comme en français, excepté qu’on ouvre fort le mot grec [graique] : il est peu usité, et presque toujours
se remplace par i.

Z

Se prononce zéte ou zéta, du grec zita. C’est encore un changement du d en t, ou plutôt c’est le son
grec conservé presque sans altération. Il se change souvent en ss : douze, dousse ; en c : quinze, quince.
Il est à remarquer que les voyelles sont presque toujours brèves dans le corps des mots où elles sont
employées. Je ne connais d’ex¬ception que pour l’a suivi d’un i ; é est presque toujours fermé : même,
méme ; extrême, extréme, etc.
Je suis loin d’avoir indiqué tous les changements de lettres qui s’opèrent dans ce patois ; je ne me
suis pas proposé d’épuiser la matière : on en rencontrera beaucoup d’autres dans ce dictionnaire.
J’ai fait mon possible pour peindre la prononciation ; on sait que cet article est extrêmement difficile,
parce que tous les cantons de la France en ont une qui leur est particulière ; et si la peinture de la bonne
prononciation française est si difficile à rendre, comment aurais-je pu me flatter d’indiquer celle de ce patois
dans lequel on n’a jamais rien imprimé ?







Je reviens sur un sujet traité il y a quelques temps, ayant pris du retard dans ma documentation, je n'ai certes pas oublié que je devais mettre une suite à " AUGIASANA" voilà donc une partie :

Ablais.
Faire des ablais.
Faire beaucoup d’embarras, beaucoup de préparatifs pour un mince résultat.

Ablo.
Ablo du berger. Cras ablo.
Morceau que l ’on garde pour la bonne bouche. Il est gras parce qu’on réserve
un plus gros morceau de fromage pour la dernière bouchée.
A lés ablos carrés i n’ donne qu’un co d’dent, à zés ronds i l’z’avale tout drot.
Il mange goulûment et sans mâcher.

Abois.
Ete aux abois,
c’est être réduit à ne savoir que faire, être oréus. Etre en détresse, dans une
position très fâcheuse, ne respirer qu’avec peine.
(OREUS (éte), ne savoir que faire, être dans l’embarras. On trouve dans le vieux langage : faire réus, qu’on interprète
par mettre hors d’état de répliquer. Etre oréus ou au réhus, c’est ne savoir que dire, que faire, être embarrassé,
être stupéfait de ce qu’on a vu ou entendu. Dans le Voc. Austrasien de Don François, faire réhus,
c’est mettre quelqu’un hors d’état de répondre ou de répliquer. A Mons, on dit réusse. « N’mén parléz point,
j’suis réusse avec c’linge-là. »)

Abondance.
Abondance de bien n’ nuit pas.
Je suis bien surpris de ne pas trouver ce proverbe dans Leroux ni dans La
Mésangère ; Je le crois cependant assez généralement répandu.

Absolution.
Telle confession telle absolution.
C’est à dire qu’on ne peut obtenir un bon conseil qu’autant qu’on est sincère
dans l ’exposé de ses raisons, et que si on a fait quelque réticence, on en est
la dupe.

Abus.
I n’y a d’l’abus à nos compte.
La chose n’est pas arrivée comme nous l ’avions pensé.
Accomplie.
All’ ést à complie ; Bon ! all’ n’est mi cor à Magnificat.
Lorsqu’on loue une femme et que quelqu’un dit qu’elle est accomplie, un autre
qui n’en est pas aussi enthousiasmé dit que : loin d’être à Complies,
all ’ n’est pas encore au Magnificat.
Jeu de mots, mauvais calembourg comme il y en a beaucoup.

Accroire.
On li ferot accroire qu’i fait noir en plein jour, tant il est crédule !
Je ne crois pas ce proverbe du pays.

Acheter.
Acater au tier (cher) dénier.
Quand on est obligé d’acheter à mesure de ses besoins, qu’on ne fait provision
de rien en tems opportun.
Acater au rabado.
Acheter en déduction de ce qu’on nous doit.
On n’acate point du riache.
On ne peut se procurer de la gaieté avec de l ’argent.

Acheteur.
I n’y a pus dé r’wetieux qu’ d’acateux.
Quand on dit que la foire est brillante, qu’il y a beaucoup de monde qui la
fréquente, on dit qu’il y a plus de spectateurs que d’acheteurs.

Acte.
Faire d’ ses actes.
Faire des espiégleries.

A d’autres.
A d’autres ! Chelles là sont cuites.
Je n’en crois rien ; vous voulez m’en compter ; mais je ne suis pas dupe.

Adieu.
Adieu Luc, t’ père vendot du chuque (sucre).
Manière dérisoire de prendre congé de quelqu’un dont on se moque.
J’aime mieux dire bonjour à m’marchandisse qué d’ li dire adieu.
Je préfère la conserver plutôt que de la céder sans sûreté.
J’ peux ben dire adieu les visins (voisins).
En parlant d’une chose dont on n’espère rien.
Adieu m’ père, adieu m’ mère, j’ vas couquer avec m’ grand père,
dit une jeune personne qu’on marie à un vieillard.
Jé n’ té dis pas adieu.
Je ne ferai pas ce que tu me demandes.

Adresser.
Adrêche pun, adrêche poire.
Qu’il me tombe en partage une chose ou une autre, c’est égal, c’est toujours
quelque chose.
Se réjouir quand mal adrêche.
Se dit d’un méchant qui se réjouit quand il arrive un accident.

Affaire.
Affaire d’autrui n’est qu’ sonche (songe).
Cela ne nous regarde pas ; ne nous mêlons pas des affaires des autres, nous
avons assez des nôtres.
Faire ses affaires.
Faire son testament ; dicter ses dernières volontés.
On dirot qu’il a toutes les affaires del’ mason d’ ville den un plat d’ bos.
De quelqu’un qui fait l ’affairé, qui semble n’avoir jamais de tems à lui.
Avoir affaire à pus malin qu’ soi.
Se dit de quelqu’un qui n’est pas de force à lutter contre un autre qui le
dupe parce qu’il n’entend pas les affaires.
Il ara affaire à mi.
Je l ’arrangerai de la bonne manière ; Je la lui garde bonne, il s’en souviendra.
Chonq et six font onze, affaires d’autrui n’est qu’un sonche.
Pour faire taire ceux qui parlent des affaires des autres.
Il a ben d’autes affaires à détoulier à s’ quéneule.
Lorsqu’on parle à quelqu’un qu’un autre fera telle ou telle chose, il fait
cette réponse.

Affligé.
Réconfort dés affligés.
Celui qui est toujours prêt à écouter nos peines, à nous consoler dans nos
afflictions, à nous secourir dans nos besoins.

Affliger.
Dieu n’affliche qui n’console.
C’est à dire qu’il n’arrive point de mal que le bien ne soit auprès. Près de
la mort est le repos. Cela peut être consolant ; mais il n’est pas toujours
vrai que l ’on trouve le dédommagement à sa peine.

Affront.
Avoir un affront d’ cul.
Lorsqu’un mariage est prêt à se faire, et qu’il est rompu au moment où
l ’on s’y attendait le moins.
Avoir un affront d’ gueule.
Manquer un bon diner. Lorsque l ’on croit aller où l ’on a été invité, et
qu’on ne trouve personne ; qu’on s’attendait sur un mets que l ’on ne sert
pas ; Lorsque portant un morceau à la bouche, il tombe au moment où l ’on
croit le saisir.
I ferot affront à Dieu l’ père.
Il est si effronté qu’il n’a de respect pour personne.
Il a fait affront à s’ cul, il a tié pas s’ bouque.
Il a rendu par le haut ce qui devait prendre une autre route.
Prente dés affronts pour des complimens.
Se dit de quelqu’un qui n’est pas sensible à ce qu’on lui dit de désagréable,
tourne les mauvais propos en plaisanteries.

Afute (d’).
Ch’est un homme d’afute, d’estoc.
C’est un homme comme il faut, toujours prêt à obliger, à rendre service.

Agache (Pie).
Langue d’agache.
Mauvaise langue ; babillarde.
Nid d’agache.
Cor au pied.
Bren d’agache.
Gomme de cerisier, et de fruits à noyaux.
N’ brét point, t’aras du bren d’agache,
dit-on à celui qui se plaint.

Age.
Quel âge avez-vous ? J’ai l’âge (on prononce ache) dé m’ père et dé m’ mère.
Se dit lorsqu’on ne veut pas répondre catégoriquement.
On n’ té d’mante point l’ache qué t’as.
A quelqu’un qui dit son avis lorsqu’on ne le lui demande pas, ou qui ajoute
à un récit que l ’on fait, des circonstances que l ’on veut taire.
Féme sache n’ dit point s’n’ ache.
Parce qu’elle perd à passer pour vieille.

Agneau.
Ch’est un agneau.
C’est un malotru, un imbécille, un animal.

Agnès.
All’ ést belle, aniéce.
Manière de dire qu’une chose est incroyable.

Agonie.
Ch’ést come un cat à l’agonie, i fét cor sentir ses graus.
En jouant de son reste, il fait encore tout le mal qu’il peut.
Agréable.
Il est agriape come l’ porte d’eune prison.
Il est toujours de mauvaise humeur. Son abord est rebutant. Dans le Dict.
du bas langage on dit :
Gracieux comme un sac à charbon ;
notre proverbe rouchi me paraît meilleur.

Ahoquer.
Les belles filles et les loques, truèfent toudi qui l’z’ ahoqué.
Les habits déguenillés s’accrochent aisément partout ; ainsi les belles filles
sont recherchées de tout le monde ; tous les jeunes gens voudraient les obtenir.
Dans le Dict. de Caillot, il y a accroche, mais ce proverbe ne saurait
être français.

Aide, aider.
Pus on ést d’ gens, moins on a d’aite.
Parce qu’on s’embarrasse réciproquement.
I n’y a si pau (peu) qui n’aite.
Ce que vous m’offrez ne suffit pas, cependant il peut m’être utile. Se dit
aussi en recevant une chose dont on ne sait pas de gré, parce qu’on avait
droit d’attendre davantage.

Aiguille.
Eune éwile, ch’est l’journée d’eune file ; eune éplinque ch’est l’ journée
d’eune wiseusse.
On fait entendre par là que la journée d’une fainéante (wiseusse) est fort
peu de chose, mais que celle d’une fille qui travaille est inapréciable ; l ’aiguille
étant le symbole du travail, comme l ’épingle l ’est du repos.

Aile.
Avoir un cop d’aile.
Etre timbré, écervelé, avoir une tête folle. Parce que les Lillois passent
pour avoir la tête exaltée, ce que l ’on attribue ironiquement au grand nombre
de moulins qui entourent leur ville ; dans le fait les habitants de Lille
sont fort industrieux, et ont le caractère assez original. On a étendu ce dicton
à tous ceux dont la tête est un peu félée.

Prendre ses ailes.
S’enfuir sans rien dire. On dit encore que quelqu’un prend ses ailes, lorsqu’il
commence sa carrière avec distinction.

Aimer.
J’ t’aime come un clou à m’ cul.
Je suis loin de t’aimer ; car on n’aime pas un furoncle en quelqu’endroit du
corps qu’il se place, encore moins au derrière parce qu’on ne peut s’asseoir.
J’ l’aime come la colipe.
Je le hais ; personne n’aime la colique.
Si j’ l’aime, jé n’ l’aime guère.
Je ne le hais pas absolument, mais il ne me faudrait pas faire beaucoup
d'effort pour le haïr.
I faut aimer sés biaux pour ses laids.
Sous entendu enfans. C’est à dire que quoique l ’on soit mécontent de son
gendre ou de sa bru, il faut néanmoins l ’aimer, afin que son propre enfant
n’en souffre pas ; il faut savoir souffrir la mauvaise humeur de l ’un pour ne
pas empirer la condition de l ’autre.
On l’aimera longtems, parce qu’on ne l’aimera pas beaucoup al’ fos.
On ne l ’aimera pas du tout. Ironie.
J’aime mieux l’ ténir qué d’ corir aprés.
J’aime mieux conserver mon argent ou ma marchandise, plutôt que de les
mettre au hazard.
J’aime mieux l’ faire qué l’ dire.
En parlant d’une chose agréable dont pourtant on ne doit pas se vanter.
J’aime mieux l’ dire qué l’ faire.
Après avoir parlé d’une mauvaise action, comme si on était dans l ’intention
de la commettre.
J’aimeros mieux vir l’ diale.
Sa vue m’est tellement en horreur que j’aimerai voir ce qu’il y a de plus désagréable.
Qui aime l’arpe (arbre) dot aimer les branques.
Qui aime la mère doit aimer les enfans.
Aimer lés Courtes Cauches.
Aimer le sexe parce que les femmes portent des bas plus courts que les hommes.

Air.
Vous êtes den l’air, vous n’ mourrez pas d’ la pesse.
Se dit à celui qui chante un air d’une manière inexacte.
T’as l’air d’avoir un air.
Il semble que tu veuilles te moquer de moi.
Avoir l’air d’eune coule.
On ajoute quelquefois :
moisie au fond d’eune cafe (cave).
Avoir l ’air d’un mauvais plaisant.
Avoir l’air d’un pét toulié den lés chentes.
Etre fort mal arrangé.
Avoir l’air Jean jé m’brûle l’oeil au fond d’un puche avec eune candeile
d’bos.
De quelqu’un qui a un air moqueur.

Albute.
S’ cul va come eune albute.
On nomme albute une petite seringue de sureau avec laquelle les enfans jettent
de l ’eau aux passans. On entend donc par là que les excrémens sont liquides.
Se dit principalement des enfans.

Alerte.
Alerte come un mouquét.
Etre vif et prompt comme un émouchet qui fond sur sa proie.

Alléluia.
Quand on a canté aléluia, on peut mier chuqu’on a.
Parce que Carême est fini.

Allemande.
J’ té f’rai danser l’allemante.
Je te rosserai à coups de bâton.
I n’y a d’s’ allemands partout.
C’est à dire, chacun à ses peines.

Aller.
Aller den un endrot dù qu’i n’ passe point d’ kar.

Aller se coucher.
J’ té vérai aller avec eune chavate et un chabot r’loié.
Tes folles dépenses te réduiront si bas, que tu iras nu, que tu tomberas dans
la plus affreuse misère. Ou bien : tu es difficile maintenant, mais plus tard
tu auras besoin de pain.
I s’en va tout d’zous li.
Il lache toutes ses ordures. Au figuré, se dit de celui qui perd sa fortune un
peu à la fois.
On sait ben quand on s’en va, on n’ sait point quand on revient.
Le moment du départ est connu, mais non celui du retour.
Va-t-en à la Coumédie,
dit-on à un mal adroit qui éteint la chandelle en la mouchant.
Pour aller longtems, i faut aller drot.
Pour mériter la confiance, il faut de la probité.
Ch’est un biau fieu, quand il a fait, i s’en va arrière.
Quand il a joué sa farce, il se remet en place comme s’il n’avait rien fait.
Aller come un sot.
Aller sans faire attention à rien ; avoir le nez en l ’air en allant sans voir
ce qui se passe autour de soi.
Aller tout drot d’vant li.
S’en aller en désespéré.
Cha n’ira point toudi come cha.
A quelqu’un qui abuse ou qui mésuse de son autorité.
Aller apprente à canter ou à chiffler. Aller al’ guéiole.
Aller en prison, par allusion aux cages, où l ’on renferme des oiseaux.
J’aime autant marcher qu’ d’aller à pied.
Pour dire que l ’allure est indifférente, et qu’on aime autant une chose que
l ’autre.
Aller tout rondément come l’ marone Saint Pierre.
Ne pas faire de cérémonie.
S’en aller tout à rien come l’ queue d’ no tien. Aller en déclinant come l’
queue d’ no cat.
De quelqu’un qui serinne.
Aller d’ côté come lés tiens qui r’viennent d’ viépes.
De quelqu’un qui penche sur un côté en marchant.
Aller come lés mauvais payeux.
S’en aller sans prendre congé, sans rien dire.
Demande :
Qu’men cha va-t-i ?
Réponse :
Tout douchétemen ; quand cha n’ va point on l’ fait aller.
Cette locution offre un sens obscène. V. Vite.
Aller à l’ garde d’ Dieu.
S’en aller où la Providence nous conduira.

Allonge.
Chie au d’bout, té mengeras l’ rallonche.
Se dit à ceux qui se plaignent qu’une chose est trop courte.

Allumette.
L’aleumette au galop.
Si l ’on déplait à la canaille du village, elle vous incendie promptement.

Aloter.
All’ a toudi un fier qui cloque et l’aute qui alote. (un fer qui fait du bruit et
l’autre qui branle).
D’une femme qui a toujours quelqu’incommodité.

Alouette.
Pain d’aloéte.
Pain fort blanc et savoureux. Quand un père revient de voyage, les enfans
lui demandent ce qu’il a rapporté, il tire un crouton de sa poche, et dit que
si on est bien sage, on aura du pain d’alouette ; il partage alors ce crouton
entre les enfans, qui le mangent avec beaucoup de plaisir.

Ambition.
L’ambition et l’richesse rendent biéte l’homme sans cesse.
Parce qu’il s’oublie.

Ame.
I n’a qu’ l’ame à passer.
Il a si mauvaise mine qu’il semble qu’il aille rendre l ’ame à chaque instant.
T’n’ ame n’ passera point par là.
A celui qui, s’étant fait une légère blessure, s’épouvante de voir son sang
couler.
Il a l’ame aussi noirte qué m’ capiau.
D’un homme méchant qui s’étudie à faire du mal, en voulant paraître animé
de l ’amour du bien.
Manger s’n’ ame.
Enrager en soi-même.
Jé n’ donneros point un doupe pour sauver t’n’ ame.
A un importun qui demande sans discrétion.
On n’ prent s’n’ ame avec l’ bien d’autrui. Il ést à ti come s’n’ ame est au
diale.
Il est aussi certain que cet homme t’est dévoué qu’il l ’est que son ame appartiendra
un jour au diable.
Ch’est eune ame damnée.
C’est un homme peu délicat, qui se charge de tout l ’odieux d’une affaire,
dès qu’il y trouve son profit.
Ch’ést s’n’ ame damnée.
L’ame damnée de quelqu’un est celui qui se charge de toute les mauvaises
affaires, qui en prend tout l ’odieux.

Amen.
Es-tu là pour répondre amen ?
A quelqu’un qui répond lorsqu’on ne lui adresse pas la parole, et qui parle
pour en excuser un autre à qui on fait des reproches.

Amer.
Amer come du chicotin. Amer come del’ suie.
D’une chose fort amère.
S’il est amer porte lé à Capuchin, i sera père.
Mauvaise équivoque dont on se sert envers ceux qui se plaignent de l ’amertume
d’une chose. (à mère).

Ami.
I n’y a pas à dire mon bel ami.
Il faut que cela soit, il n’y a pas de belles paroles qui tiennent.
J’ peux ben écrire à més amis.
Me voilà bien embarrassé ; comment me tirerai-je de là ?
Traiter en ami.
Avoir des égards, donner de bonnes marchandises et à bon marché, comme si
c’était pour soi-même.
Ami à table, ennemi au procés.
Quoiqu’une malheureuse affaire nous divise d’intérêt, hors de là nous n’avons
aucun sujet de nous haïr. Dans un autre sens : quoiqu’on se trouve à
table avec son antagoniste, on ne doit pas pour cela troubler la société.
Amis à table, étrangers à la boutique.
Parce quoiqu’on soit très liés, cela ne doit pas empêcher que le marchand ne
gagne sur la marchandise qu’il vend.
Etre amis à pendre et à dépendre.
Etre entièrement l ’un à l ’autre, être tout dévoués. Dans le Dict. de Leroux,
il y a à Vendre et à dépendre (dépenser). Je n’y trouve pas un sens si
clair.
T’n’ ami ést au molin.
Lorsque l ’on est de mauvaise humeur contre quelqu’un qui nous appelle son
ami.
Dés amis come cha, avec un petit cordiau, jé l’s’ iros j’ter à l’Escaut. Dés
amis come cha, si j’d’avos un chent den m’ panche, jé l’z’iros j’ter al’ rivière.
Des gens qui se disent amis, mais qui ne le sont que pour recevoir des services,
ou des marques d’amitiés, mais non pour rendre ou pour obliger.
L’ nom d’ami est ben commun, mais i faut l’aler querre ben long (loin).
Rien de plus commun que le nom, rien de plus rare que la chose.
Amitié.
I n’y a pas beaucoup d’amitié perdue enter ces gens là.
Parce qu’ils ne s’aiment guère ; si l ’un hait, l ’autre le lui rend bien.
Amitié d’enfant, ch’ést d’ l’iau dans un quertain (panier).
Parce que l ’amitié des enfans envers les parens, n’est pas solide, et qu’elle
passe comme de l ’eau au travers d’un panier.

Amour.
Ch’est come ch’ti là qui basiot l’ cul d’ sén viau, ch’ést dù qu’ l’amour s’
boute.
Se dit de ceux qui ont des goûts dépravés, ou qui placent leur affection sur
des objets qui ne la méritent pas.
Ch’ n’ést point amour ch’ést rache.
De quelqu’un qui aime avec plus d’ardeur que la raison semble le comporter.
Amour d’ seigneur n’ést point héritage, qui s’y fie n’est pas sage.
On trouve dans Leroux : promesse de grand n’est pas héritage.
Bonjour més amours d’à tous lés jours.
Se dit d’une jeune personne jolie et fort gaie.
I vit d’amour, lés gros morciaux l’ soutiennent.
De quelqu’un qui mange peu.
I brét, i rit, i fait l’ amour al soris.
D’un enfant qui pleure et qui rit tout à la fois.
Fricasser l’amour.
Faire l ’amour.
Ch’ést fait come pou l’amour dé Dieu.
Cela est fait comme si on ne devait pas le payer.
Amouracher (s’ ).
All’ s’amouracherot d’un tien avec un capiau.
Elle n’est pas difficile ; elle serait amoureuse du plus laid et du plus dégoûtant
des hommes.

Amoureux.
Ete pus heureux qu’amoureux.
Revient au proverbe :
plus heureux que sage.
Ete pus amoureux qu’ malade.
Etre en bonne disposition, se bien porter, être gai et dispos.
Ch’ést l’amoureux dés filles Faraud.
Jeune homme qui a toujours l ’air endimanché.
Amoureux, bren pour eux.
Locution méprisante employée par de jeunes filles à qui on parle d’amoureux.
Jeûne au Carême, t’aras un amoureux à Pauque,
dit-on en plaisantant, aux jeunes filles à marier.

Amuser.
S’amuser à un bren d’ tien.
S’amuser à des niaiseries.
Les noriches aront bon tems, les enfans s’amussent.
Se dit de ceux qui s’amusent à des niaiseries, à des jeux d’enfant.
I r’sanne les cats, i s’amusse avec s’ queue.
D’un débauché qui coure les filles.
S’amuser all’ foutesse.
S’amuser à peu de chose, regarder à une bagatelle pour terminer une affaire.
Il faut des sages pour amuser les foux.
Parce que les foux rient autant et se moquent des sages qui rient rarement.
On retourne ce proverbe en disant :
Il faut des foux pour amuser les sages.
Parce que les sages rient des sottises des foux et savent éviter d’en faire.

Andouille.
Grand dépendeux d’andoule.
D’un homme fort grand, et niais.
Kervé come eune andoule.
Etre ivre au point d’en crever.
Faire quelque chose à l’andoule.
Faire mal.

Anéen.
Ch’ést un anéen.
C’est un mal adroit, un imbécille.
Anéen était une statue empalée, tournant sur son pal, tenant au bout du
bras droit tendu, un écusson auquel était attachée une bague, qui servait au
jeu de course de cheval ; celui qui attrapait l ’écusson avec la lance, fesait
tourner la statue, et recevait un coup de fouet qu’elle tenait de la main gauche.
Celui qui enfilait la bague, était proclamé roi du jeu et obtenait une
tasse d’argent ; il devait payer à boire aux autres tireurs. V. le Dict.
Rouchi.
( ANÉEN, maladroit. Ce mot a pour origine la statue d’un homme empalé, tenant de la main droite le bras tendu,
un écusson surmonté d’un anneau qu’il fallait enlever à la lance, à course de cheval. Celui qui atteignait l’écusson
fesait tourner la statue par la force du coup, était frappé d’un fouet que la statue tenait de la main gauche.
Celui qui remportait la bague, était proclamé roi du jeux ; le prix était une tasse d’argent ; il régalait ses concurrens.
Ce jeux avait lieu chaque année le 9 septembre, le lendemain de la fête patronale de Valenciennes. L’origine
de cette fête est fort obscure, nos historiens n’en parlent pas ; seulement la tradition dit qu’un voleur nommé
Van Een, avait enlevé la châsse du S. Cordon ; que poursuivi par les maraichers, il fut pris et empalé ; qu’en
réjouissance de ce fait, on avait institué les courses de bague. Les maraichers, sous le nom de puchots
(puceaux) formèrent une compagnie dans laquelle les gens mariés n’étaient pas admis. Ce jeu n’était pas particulier
à Valenciennes, il avait été inventé pour s’exercer à courir à la lance ; la figure se nommait faquin, de l’italien
facchino ; elle tenait d’une main un sabre de bois et un sac rempli de terre qui venait frapper le maladroit qui
n’atteignait pas la figure par le milieu du corps).
Anéen broque à s’ cul.
Nigaud qui reste là planté comme Anéen sur son pal.

Ange.
Anche boufiche.
D’un homme joufflu ; se prend en mauvaise part.
J’ té f’rai prente par l’anche Buréte.
Buirette était le fils d’un exempt de Maréchaussée, d’un caractère fort
dur ; cette menace inspirait beaucoup de crainte à celui à qui on l ’adressait.
Anche gardien.
Gardien que l ’on pose pour la conservation des scellées.

Anglais.
Parler anglais.
Manière de parler des courtisanes, pour dire que les anglais sont généreux,
ce qui n’est pas toujours vrai, il s’en faut ; ils mettent ordinairement dans
leurs actions plus d’ostentation que de générosité.

Anjou.
Il est du régiment d’Anjou ; il n’a pas d’argent ; il s’en fout.
C’est un sans sous qui prend le tems comme il vient.

Anoblir.
L’ truie n’anoblit point l’ pourchau.
Parce que la femme noble, mariée à un roturier, ne transmet pas la noblesse.

Antienne.
Canter eune antienne.
Grouler, réprimander.

Apocalypse.
Ch’est l’ quévau d’ l’apocalisse.
D’une grande femme laide, maigre et décharnée.

Apoticaire.
I n’y a pu d’ merciers qu’ d’apoticaires,
Dit-on à quelqu’un qui fait trop de remerciemens.
I vaut mieux aller à l’omère (armoire) qu’à l’apoticaire.
Parce qu’on se porte bien. Se dit de quelqu’un qui mange de grand appétit.

Apôtre.
Dévot come un apote.
Dévot au superlatif.
I r’sane aux apotes qui mieument chuqu’i avotent.
Lorsque quelqu’un observe qu’on ne doit pas manger de viande un jour maigre.
Comme les apôtres mangeaient ce qu’ils avaient, il leur ressemble, il en
fait autant.

Appeler.
Appeler sous l’ taule (table).
Lorsque quelqu’un arrive trop tard pour diner, on dit qu’on l ’a appelé sous
la table.
On n’ l’appélera point Cléophas, on l’appélera Cléophés (Cléf aux fesses).
De celui qui attend toujours le moment de la fermeture des portes pour rentrer
en Ville.
Appeler l’ bon dieu Pierrot.
Jurer le nom de Dieu.
On appélera s’ mère quand i passera un capiau den lés rues.
Parce que les hommes seront si rares que les jeunes filles seront obligées de
demander à leur mère, quel est cet animal ?

Appétit.
Bon appétit vaut mieux que bonne sauce.
Revient à ce proverbe : il n’est sauce que d’appétit.
Té m’ casse l’appétit.
A un importun qui fatigue par ses demandes ou par ses contes. V. Voyage.

Appoyette.
Va-t-en à Vicognéte, t’aras dés apoïétes.
Aux importuns qui s’appuient sur vous. Vicognette était une chapelle aux
moines de Vicogne.

Apprendre.
Chuqu’on apprend difficilement sé r’tient mieux.
C’est ce qu’on dit, pour les encourager, à ceux qui apprennent difficilement.

Après dinée.
Sombres matinées, Belles après dinées.
Ce proverbe ne se vérifie pas toujours.
I n’ fait rien au matin, l’après dénée i sé réposse.
D’un fainéant qui passe son tems dans l ’oisiveté, et qui se plaint du mal
qu’il a.

Archéle.
Ch’est eune archéle.
Lorsqu’une femme est alerte et infatigable dans les travaux du ménage,
quoiqu’elle soit d’un tempérament délicat en apparence, c’est une archéle
(osier) parce qu’elle plie et ne rompt pas.

Architecte.
Architéque Pantin, i dessine avec s’n’ otieu den les chentes (cendres).
Mauvais architecte qui n’entend rien à son métier.
Architèque d’ malheur, trente six pour un voleur.
Mauvais architecte au suprême degré.

Ardoise.
All’ ést couverte d’ardoisses, les crapauds n’ montent point dessus.
Se dit à ceux qui se vantent d’avoir eu les faveurs d’une femme.

Argent.
Il a un goussét doublé d’ pau d’ diale, l’argent n’ peut point rester déden.
De la bourse d’un dissipateur ou d’un joueur.
L’argent n’ pue point.
De quelque main qu’on le reçoive, l ’argent est toujours bon.
Argent cache (cherche) argent.
Parce qu’avec de l ’argent on en gagne d’autre, et que ceux qui en ont beaucoup
en gagne beaucoup. Ce proverbe est de Martial.
L’ Dieu dés Prétes ch’est l’argent.
Les prêtres ne font rien pour rien.
Avoir l’ tems et l’argent à l’avenant.
Pouvoir vivre à rien faire.
Quand on a un écu all’ vaque, on n’est point sans argent.

Equivoque.
Payer en argent d’ coton, qui n’a pas d’ son.
Payer en promesses, ou refuser d’ payer.
Quand té s’rot aussi sache qué St Lo, si t’ n’as pas d’argent t’ n’est qu’un sot.
Sans doute. On a beau être sage, avoir du mérite, du savoir, si on n’a pas
d’argent, on n’a rien.
Argent d’ porée r’tourne au gardin.
De l ’argent mal acquis ne profite pas ; tel est le sens de ce dicton ; on le
dépense aussi légèrement qu’on l ’a gagné.
Argent honteux qui rougit d’vant le monde.
Argent faux, plus brillant que solide.
L’argent s’en va, l’sot demeure.
C’est ce qu’on dit à ceux qui cherchent à faire un riche mariage, plutôt
qu’un mariage assorti.
Quand il arot s’ cul d’or et s’ tiéte d’argent, j’ n’en vodros point.
Pour témoigner qu’à nul prix on ne voudrait s’allier à la personne proposée.
I li faut l’argent et l’ marchandisse.
C’est un avare qui veut tout avoir et ne laisser rien aux autres.
Avoir l’argent mignon.
En avoir aisément qui ne coute pas beaucoup à obtenir. On le trouve dans
Leroux avec une signification différente.
En avoir pour son argent.
Cette façon de parler a deux acceptions tout à fait opposées.
I d’a pou s’n’ argent,
c’est dire que n’ayant pas mis un grand prix, il a été mal servi, soit pour la
quantité, soit pour la qualité.
Encore faut-il d’ avoir pou s’n’ argent,
signifie qu’ayant bien payé, on ne doit pas être trompé.
I n’ faut jamais freumer l’ porte dù qu’ l’argent vient.
Il ne faut négliger aucun des moyens d’acquérir ni renoncer à une connaissance
lucrative.
De l’argent et du bren, au jour du jugement ch’ést tout d’ même.
Qu’on ait été riche ou dans la misère, au jour où Dieu nous jugera, ce sera
fort égal.
Ch’ést d’ l’argent d’ ribaute, i m’ portera bonheur,
dit un marchand qui a vendu à une femme qui ne lui a pas laissé de bénéfice.
Avoir pus besoin d’argent que d’ priéres.
Etre dans le besoin, dans la détresse.
Ch’ést just dé m’n’ argent, ou : il a jué dé m’n’ argent.
Il a fait ce que j’aurais fait moi-même en pareille occasion.
D’un coté ch’ést d’ l’argent, et d’ l’aute i faut payer.
Il m’est égal que l ’on achète où l ’on voudra, il faut payer partout.
L’argent fond den ses mains, come du bure den l’ poële.
C’est un prodigue, l ’argent ne lui dure pas.
Quand on vot du bren ch’ést d’ l’argent.
C’est signe que l ’on aura du profit.

Argot.
Monter sur ses argots.
Parler avec assurance à un supérieur qui veut nous opprimer. Se fâcher, se
mettre en colère.

Arinque.
I ferot arinque à Dieu l’ père.
Il est si insolent qu’il dirait des injures à Dieu même, qu’il lui jouerait des
tours.

Arnoque.
Attraper arnoque. Arriver arnoque.
Ces deux proverbes quoique peu différens par les mots, le sont cependant par
le sens ; le premier s’entend des choses, et l ’autre des personnes.
Arriver arnoque
signifie que lorsqu’une affaire est prête à se terminer, quelque chose vient à
la traverse qui en retarde la conclusion.
Attraper arnoque,
c’est recevoir un coup, déchirer ses vêtemens, etc.

Arracher.
Arracher des carottes à l’envers.
Mourir, être enterré.
Arrangement, arranger.
I vaut mieux un mauvais arrengement qu’un bon procés.
Parce que les procès sont ruineux, et qu’un arrangement rend le repos.
Ete arrengé come un pet toulié den les chentes.
En parlant du désordre qui régne dans les ustensiles du ménage, ou de tout
autre chose.
Ete arrengé come dés ch’veux sus d’ la soupe.
Etre mal arrangé, dans le plus grand désordre.

Arras.
I n’y a un homme à Arras qui s’ sert d’ chuqu’il a.
Lorsque l ’on emploie quelque chose de peu convenable à l ’ouvrage qu’on a
commencé, ou que l ’on met en oeuvre, faute de mieux, quelque chose de peu
de valeur.

Arriver.
Avant qu’ cha arrife, i n’y ara ben des aloétes qui n’aront pus d’ bièque.
C’est à dire qu’il se passera bien des choses.
Craindre plus qu’on ne le désire qu’une chose arrive.
En parlant d’un événement que l ’on craint de voir arriver.
Cha peut arriver sans miraque.
Il ne serait pas étonnant qu’une chose arrivât.
Arriver deux pofes al’ même porte.
Lorsqu’on arrive à deux en même tems, quoi qu’on ne soit pas venus ensemble.
Cha arrife pus souvent qué l’ Diminche.
Les maux viennent plus souvent que le bien.
Ben arrivé, quand d’ allez.
On préte aux Montois ce ridicule ; quand leurs amis viennent les voir, ils
disent qu’ils sont les bien arrivés, et ils leur demandent en même temps
quand ils doivent partir.

Arroser.
Arrouser l’ lampas.
Bien boire.
(LAMPAS, luette. Avoir l’ lampas démi, avoir la luette relachée. Arrouser l’ lampas, bien boire.)

Asperges.
Faire mier les asperches po gros d’bout.
Menace que l ’on fait à quelqu’un pour témoigner qu’on ne le craint pas.

s’ Asseoir.
Assis-toi, té n’ quéra point d’ si haut.
En engageant quelqu’un à s’asseoir.
Si té n’ veut point qu’ tés hartes fuchent crutes, assis-toi-d’sus.
A quelqu’un qui craint d’être mouillé par la pluie.
Ete assis sur sés oreiles.
Se dit de celui qu’on appelle à haute voix et qui ne répond pas, soit qu’il
feigne ou non de ne pas entendre.

Assurance.
La méfiance est la mère d’assurance.
Je ne trouve pas ce proverbe dans Leroux, quoique je ne le crois pourtant
pas du pays. On trouve dans le Dictionnaire français : La méfiance est
mère de sureté, c’est le même sens.

Astiquer.
On n’ vot point pour astiquer à z’yeux.
On n’y voit goutte ; l ’obscurité est si forte qu’on n’y voit pas même pour
toucher à ses yeux.

Atarche.
A belle voie point d’atarche.
Quoique l ’on prenne le chemin le plus long, néanmoins comme c’est le meilleur,
on n’éprouve point de retard.

Atélée.
Ch’ést come l’atélée t’engueule, eune chavate sur un sorlet.
Se dit d’une compagnie mal arrangée ainsi que d’un mauvais attelage.

Atout.
Jé m’ sus foutu un démon d’atout.
Je me suis heurté de la bonne manière ; je me suis donné un coup violent.

Attendre, attente.
On ne perd rien pour attente (attendre).
Se prend en bonne et en mauvaise part.
I n’attend point qué j’ fuche mort,
dit-on de quelqu’un qui marche sur les vêtemens ou sur le pied.
Ne perdre que l’attente.
Soit pour être récompensé, soit pour être puni.
L’Espérance fait vife l’homme, l’ lonque atente l’ fait morir.
A force d’attendre, la mort arrive avant que l ’espoir ait été réalisé.

Attraits.
Avoir les attraits de Madame Pavin.
Madame Pavin était une femme qui avait le talent de tromper beaucoup de
monde par ses belles paroles et sa beauté ; elle a été fustigée publiquement
pour ses escroqueries.

Attrape, attrapes.
Avoir dés avisses come d’s’ atrapes.
Avoir des idées, des inventions surprenantes. C’est une ironie.
Atrape-minéte.
Tromperie grossière avec laquelle on n’attrape que les sots. Belles paroles
qui ne font impression que sur les imbécilles.
Atrape-scienche.
D’un sot qui fait l ’entendu, le faraux, et qui n’est que ridicule.
Atrape qui peut.
Lorsqu’on entend de dures vérités dont on peut prendre sa part.
A vue d’ nez come lés tiens atrapent les puches.
Faire les choses de mémoire, et se contenter d’un à peu prés.
Attrape, Champagne ! Sont des mouques.
En frappant quelqu’un. V. Mouche. A une autre signification dans le
Dict. du bas langage.
Mets un grain d’ sé su s’ queue, té l ’atrapéra.
A un enfant qui veut prendre un oiseau, en tachant de le surprendre.
On atrapérot plutôt un liéfe au son du tambour.
Ce proverbe est deux fois dans Leroux, et sous deux acceptions différentes
qui ne sont point celle reçut à Valenciennes. En cette ville on entend par là
vouloir attirer quelqu’un par de belles promesses, pour lui laisser faire une
chose qu’il ne veut pas faire, et pour laquelle il témoigne au contraire beaucoup
d’éloignement.
Ch’ést come si j’ couros aprés vous et qu’ vous m’atraprotes.
D’une chose qu’on raconte et qui est impossible.

Autrui.
Avoir d’autrui n’est qu’ sonche.
Le bien d’autrui ne nous appartient pas, et n’a pas plus de réalité pour
nous que celui qui nous vient en songe.
Qui prend l’ bien d’autrui engage l’ sien.
Quand on va manger chez les autres, il faut le leur rendre.
On n’ va point au paradis avec l’ bien d’autrui.
C’est à dire qu’on n’est pas heureux quand on a manqué à la probité.
On vot toudi cler den l’ bourse d’autrui quand ch’ést pou y prente.
Lorsqu’on veut exiger quelque chose de quelqu’un, on le suppose plus riche
qu’il ne l ’est réellement.
On ne peut point avoir l’ bien d’autrui et sauver s’n’ ame.
On doit restituer si on ne veut être damné. Que de damnés !
Passer en autrui mains.
Locution barbare usitée au barreau, pour dire qu’un bien patrimonial est
sorti de la famille.

Avaler.
Avale tout cru.
Affamé à qui tout est bon pourvu qu’il mange.
En faire avaler des bleusses.
Tromper quelqu’un par des propos insidieux.
Ch’ést un dur morciau à avaler.
Lorsqu’il arrive un malheur, un événement, ou qu’on est l ’objet d’un mauvais
procédé de quelqu’un dont on ne doit attendre que de la reconnaissance.
Jé n’ peux point avaler c’ morciau là.
Je suis hors de moi, je ne puis en revenir ; j’en suis tout estomaqué.
On dirot qu’il a avalé eune épée.
D’un homme qui se tient raide. Comme Despinoy.
J’ai avalé cha come eune verté prone.
J’ai reçu la réprimande en fesant la grimace.
Il a avalé s’ lanque.
Il est mort.

Avance.
Té peux ben t’ marier avec elle, all’ a du fond, et t’as d’ l’avanche.
Équivoque libre.

Avaricieux.
Ch’ést toudi autant dit l’avaricieux.
Manière ironique d’observer que ce que l ’on reçoit est peu de chose.

Ave Maria.
Savoir sés pater et sés ave Maria.
Savoir tout ce qu’il faut pour persuader.
L’épace d’un ave.
Un instant.

Avenir.
Si on conissôt l’avenir, on vivrôt avec deux doupes.
(?)

Aveugle.
Faire le sourd et l’aveugle.
Ne vouloir ni entendre, ni voir ce qui se passe, pour conserver la paix, et pour
ne pas toujours trouver à reprendre.
Aller faire saner (saigner) s’n’ aveule.
Propos libre. Fréquenter les filles de mauvaise vie, aller dans un mauvais
lieu.
Au pays dés aveules, les bornes sont rois.
Dans les proverbes de La Mésangère, cette phrase est traduite plus littéralement
du latin : inter coecos regnat strabos ; je ne la rapporte que pour dire
de quelle manière on l ’entend ici. Il signifie qu’un demi-savant prime parmi
les ignorants.

Avis.
Les sots les donnent ; les sages en profitent.
Parce que l ’avis donné peut nuire à son auteur, et profiter à celui qui le reçoit.

Avise (ruse).
N ’avoir nulles bonnes avisses.
N’avoir pas une bonne pensée, avoir l ’esprit tourné au mal.

Avocat.
Avocat dés mauvaises causses.
Qui est peu délicat ; qui se charge de toutes les causes quelque mauvaises
quelles soient.
Avocat du diale.
Mauvais avocat qui soutient les causes les plus mauvaises.
Avoir toudi l’ gueule ouverte come l’ bourse d’un avocat.
Il est toujours prêt à manger ou à parler. Se trouve dans Rabelais.
All’ a toudi s’ cul ouvert come l’ bourse d’un avocat.
D’une femme qui pète souvent.
Vlà l’ cas, dit l’avocat.
Voilà ce dont il s’agit ; voilà justement ce qui en est.
Ch’ést l’avocat foutau, i gane les petits procés, i perd les gros.
C’est un mauvais avocat.

Avoine.
Ch’ n’est pas l’ cheux qui a l’ peine qui a l’aveine.
Celui qui a le plus de mal, n’est pas celui qui obtient la plus forte récompense.
Acouter les aveines lever.
Ecouter ce qui se dit pour se conduire en conséquence.
Ch’ n’ést pas l’cheux qui gane l’aveine qui l’ minche (mange).
Voyez ci-dessus.

Avoir.
Avoir chu qu’i passe sous le pont.
N’avoir rien du tout.
Avoir besoin prés du fien.
Ne pouvoir faire rentrer ce qui est dû, et éprouver des besoins.
Avoir l’ coeur au potache.
Quoiqu’il soit malade, il a cependant assez de courage pour faire des choses
au dessus de ses forces ; avoir bonne envie de faire quelque chose, quoique
les moyens manquent.
I d’a den l’ cul.
Il a perdu une bonne somme, il est pour beaucoup dans une faillite. On le
trouve dans Leroux.
Avoir la main légère.
Se dit également de ceux qui sont enclins à voler et à frapper.
N’avoir point un vert doupe (Liard).
N’avoir pas d’argent, n’avoir pas le sou.
Dis qué t’ d’as.
Cette locution sent bien le terroir ; elle exprime un refus. Dis que tu en as,
c’est la même chose que si je t’en avais donné.
N’avoir qu’ son gentil corps.
Revient au proverbe, n’avoir que la cape et l ’épée, ne rien avoir.
I sét ben quand il a tout.
Il entend fort bien ses intérêts.

Avril.
Sec mars, cru avril, caut mai.
Ce sont les conditions pour avoir une bonne récolte.
En avril, i n’ faut point s’ dévétir d’eune mile.
Parce que le froid peut revenir.
En avril, l’ pisson s’ réjouit.
C’est en avril qu’il fraie. Je ne répond pas que ce proverbe soit du pays.
Avril n’ sort jamais sans épi.
Les épis du seigle paraissent à la fin de ce mois.
Avril l’doux, quand i s’y met ch’ést l’ pire d’ tous.
Cette locution n’est pas du pays.


Tout cette documentation est le reflet de la traduction de " Michel Duwelz"


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Marie
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MessageSujet: Re: AUGIASANA   Ven 29 Oct - 16:11




Crois-tu Audomar que la jeune génération saura encore parler autre chose que le français ?
Je me souviens que mon fils avait fait une pièce en patois avec sa classe.
Avant, la télévision nous montrait souvent des pièces en wallon mais à l'heure actuelle...
Amitiés
Marie
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AUGIASANA

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