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 Ambleteuse

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audomar62
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Age : 69

MessageSujet: Ambleteuse   Ven 13 Aoû - 14:11




LES AMIS DU FORT D'AMBLETEUSE
(1972)
AMBLETEUSE
SON PORT - SON FORT



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LA CÔTE BOULONNAISE DANS L'ANTIQUITÉ

A la fin de la Préhistoire, les estuaires de la côte Boulonnaise étaient beaucoup plus profonds ; la Liane et la Canche formaient deux ports naturels exposés directement aux vents et aux courants de l'Angleterre, comme disent les marins. Une troisième baie, presque aussi importante mais disposée en sens opposé occupait l'estuaire de la Slack. Bien avant l'arrivée des Romains, le trafic à travers le Détroit se faisait couramment (commerce de l'étain entre autres) et les Morini, peuple fixé entre l'Aa et la Canche, tenait à son monopole.
En 55 et en 54 av J.C., Jules César lança deux expéditions de reconnaissance en Angleterre, d'où les Gaulois recevaient des secours. Il prit personnellement le commandement des deux opérations et il les relata dans un livre qui est parvenu jusqu'à nous et que connaissent tous les latinistes.
Pour la première expédition, il mentionne l'utilisation d'un port principal où embarquait l'infanterie, et d'un port secondaire où était regroupée la cavalerie, situé à 3.000 pas romains du premier port, soit 13 Km. Il ajoute que la flotte portant l'infanterie partit sans difficultés alors que le vent retenait dans le port annexe les bateaux portant la cavalerie.
La disposition des estuaires de la Liane et de la Slack se prête exactement à cette description, car les vents dominants, s'ils facilitent la sortie de l'embouchure de la Liane, bloquent en même temps celle de la Slack en la frappant de face. Il y a exactement 13 Km entre les hauteurs stratégiques de Boulogne et celles d'Ambleteuse. Les autres points de la côte ne se prêtent guère à cette interprétation.
César ne situe pas exactement le port principal qu'il nomme PORTUS ITIUS. La traduction précise de son texte dit seulement que "à partir de ce fort, la traversée était très facile vers la Grande Bretagne, qui est à trente mille pas environ du continent" .Il ne nous donne pas, comme l'ont cru certains historiens, la position de sa base par rapport à l'Angleterre, mais seulement la largeur moyenne, d'ailleurs exacte, du Pas de Calais.
Il est bien établi que le port le plus important, pendant toute la durée de l'Empire Romain, resta l'estuaire de la Liane. La grande flotte Romaine de la Manche, qui garantissait la permanence des communications avec les territoires conquis en Angleterre, y était basée tout entière,. Le nom Gaulois de ce port, Gésoriac, fut changé en Bononia vers l'an 300. Le nom d'Itius semble avoir été un terme géographique plus général, désignant l'ensemble du Promontoire d'Artois. Enfin, les divers emplacements nommés "Camps de César" que l'on trouve le long des côtes de la Manche Orientale et de la Mer du Nord, sont des sites qui ont été occupés depuis la protohistoire jusqu'au Moyen Age. Aucune preuve archéologique sur le terrain n'a jamais pu démontrer que l'un de ces ouvrages avait été Port Itius.

CÉSAR ET LES LÉGIONS ROMAINES.

Chacun sait que Jules César fit deux expéditions en Bretagne (la Grande-Bretagne d'aujourd'hui) : la première, en l'An 699 de la fondation de Rome (55 av. J.C.) qu'il raconte au chapitre 23 du livre IV des "Commentaires de la Guerre des Gaules" et la seconde l'année suivante, qu'il relate aux chapitres 2 et 5 du livre V
Pour traverser le détroit, ce qui se faisait moins facilement qu'aujourd'hui et pas encore à la nage, les légions s'embarquèrent "au Pays des Morins" c'est-à-dire entre l'Escaut et la Somme.
A propos de la 2ème expédition, César écrit que l'embarquement eut lieu à "Portus Itius", d'où était partie, sans doute, la première. Au sujet de celle-ci, il mentionne le "Portus Ulterior" qui était, comme le nom l'indique, au-delà, c'est-à-dire au Nord, et le "Portus Citerior" en deçà, c'est-à-dire au Sud.
Vous vous rappelez que la question de savoir où se trouvait exactement le "Portus Itius" a passionné les historiens et fait couler des flots d'encre, mais n 'a jamais été résolue de manière définitive. César se borne à dire au chapitre 2 du livre V : "quo ex portu commodissimum in britanniam trajectum esse cognoverat circiter millium passuum trigenti a continenti". Nous savons donc que le Portus Itius était à environ 30 milles romains de la Grande-Bretagne. Mais cette indication est fort vague et permet de situer le fameux Portus Itius en différents points de la côte qui va de Calais à Boulogne, suivant le point de la côte anglaise d'où l'on mesure les 30 milles.
Et du Nord au Sud Calais, Wissant, Ambleteuse et Boulogne se disputent l'honneur de l'avoir été ; naturellement, mon cœur penche pour la 3ème hypothèse . Mais ce qui est certain, c'est qu'Ambleteuse fut nécessairement l'un des trois ports dont parle César. Mr. Haigneré, dans sa notice sur Ambleteuse au dictionnaire du Pas-de-Calais, écrit "au rebours de toutes les localités qui se disputent exclusivement l'une à l'autre l'honneur d'avoir été le port Itius, Ambleteuse joue dans l'expédition de César un rôle indiscutable. Si le port Itius est Boulogne, Ambleteuse est le port Ulterior où César avait mis sa cavalerie pour la faire profiter des pâturages abondants qu'offraient les plaines de la Slack et les prés de Marquise. Si au contraire le port Itius est acquis à Wissant, Ambleteuse deviendrait le port Citerior et conserverait à ce titre le droit d'être nommé dans les récits de la conquête de la Grande-Bretagne.
Au retour de la première expédition, deux navires ne purent gagner le port et furent jetés à la côte, où les 300 hommes qui les montaient furent assaillis par les habitants, contre lesquels César dut envoyer sa cavalerie. la légende place à Ambleteuse cet épisode. En tous cas, les légions romaines ont laissé des traces certaines de leur passage.
L'auteur d'un mémoire du Génie de Boulogne, remis au Ministre en Septembre 1776, écrivait "la digue romaine était généralement dans son entier du côté de la mer, excepté qu'elle avait été percée à jour au raz de terre à coups de marteaux, par le bout qui joint la jetée qui ouvre le canal jusqu'à la mer".
Dans un autre mémoire du Génie de Boulogne sur le port d'Ambleteuse, datant de 1783, on lit "Le port d'Ambleteuse a été connu, fréquenté et fortifié par les Romains ; les ouvrages qu'ils y ont fait construire et subsistant encore donnent lieu de penser que, outre. les divers avantages qu'ils y ont vus pour le commerce ils l'avaient destiné à contenir les Anglais", et plus loin, "il est composé de deux bassins qui pourraient contenir des vaisseaux de guerre et marchands lorsqu'on les aura rétablis, le premier qui tient la mer est formé par une digue de 107 toises de longueur, bâtie par les Romains en pierres et en briques ; à la tête de cette digue, du côté de terre, est assis un fort".
Ce sont donc les Romains qui avaient construit la digue de pierres et de briques partant du fort vers le sud parallèlement à la mer et dont on voyait encore naguère les vestiges aujourd'hui enfouis sous le sable
Un mémoire du Génie de 1639 relevait. l'existence, sur les rochers, à la tête de la digue romaine dont nous venons de parler, des ruines d'une petite tour curvée, dont Vauban fit le fort actuel après le passage de Louis XIV à Ambleteuse en 1680, comme je le relaterai tout à l'heure. Tout porte à penser que cette tour, cœur et germe du fort Vauban, avait été construite par les Romains comme la digue qu'elle commandait
D'autre part, le Musée de Boulogne possède une quantité de monnaies de bronze de Tacite, Florien ou Probus, frappées entre 250 et 300 et trouvées à Ambleteuse. Le Musée de Boulogne possède également une coupe et deux cuillères d'argent trouvées près des rochers de la "langue de Chien" ainsi qu'une statuette de Mars, an argent, trouvée en 1839.



Enfin, Le British Museum conserve une très belle aiguière de l'époque romaine trouvée sur notre territoire et connue sous le nom de "Vase d'Ambleteuse"
.

De tout cela résulte la preuve indiscutable que les Légions romaines ont séjourné à Ambleteuse qui fut l'un de leurs ports d'embarquement pour la conquête de la Grande Bretagne.
Mais, après cette heure de gloire, Ambleteuse retombe pour plusieurs siècles dans l'oubli, pauvre village de pêcheurs dont personne ne se soucie. Ces hauts et ces bas formeront, d'ailleurs, la courbe de son histoire.


      - L'Auteur ne fait ici que décrire l'état d'esprit des gens du XVIII éme siècle qui voyaient du "romain" dans les tontes les constructions anciennes. Aussi étrange que cela puisse paraître, cette digue considérée comme romaine en 1783 n'était autre que celle que Vauban avait construite cent ans auparavant, peut-être sur des ruines plus anciennes. Il s'agissait probablement des vestiges de la batterie fortifiée construite par les Anglais en 1544 à l'entrée du port

LE MOYEN-ÂGE.

Les Barbares avaient déferlé sur Rome et anéanti, tout au moins mis en sommeil la civilisation romaine. La Gaule est-elle aussi occupée par eux ? Les Francs, qui peu à peu, y prennent la suprématie ne semblent pas s être souciés de ce point de la côte.
Pendant cette période, le premier événement notable dont Ambleteuse est le théâtre se produit le 6 Janvier 608. Ce jour là, les pécheurs découvrent, sur la plage, à l'endroit où est maintenant la chapelle Saint Pierre, et jusqu'où elle s'étendait, le corps d'un naufragé inconnu qu'ils enterrèrent. C'était celui de Pierre, que le Pape Saint Grégoire avait envoyé évangéliser l'Angleterre, avec deux autres bénédictins Augustin et Laurent, qui était une première fois rentré à Rome rendre compte au Pape des conversions opérées, était retourné en Angleterre où il avait été élu premier Abbé du Monastère de Cantorbéry et revenait en France comme Ambassadeur du Roi d'Angleterre Ethelberg lorsque son navire avait été brisé par la tempête, et son corps jeté à la côte.
La légende dit que tous les soirs une lumière miraculeuse apparaissait au-dessus de la tombe du naufragé, où il avait été enterré par les habitants. Son identité connue, il fut placé dans l'église d'Ambleteuse, puis transporté, le 30 Décembre 608, à la cathédrale de Boulogne, dans le cimetière de laquelle il fut inhumé. Il fut plus tard canonisé sous le nom de Saint Pierre de Cantorbery. Je vous dirai dans l'ordre chronologique de mon exposé à quelle date et comment ses reliques furent transférées à Ambleteuse.
Une source jaillissait à l'endroit où le corps du saint avait été retrouvé. On venait de Boulogne pour boire, "afin d'y recevoir, dit Féramus, guérison des fièvres et autres maladies". On y bâtit plus tard une chapelle qui subsiste, et auprès de laquelle la fontaine dite "Fontaine Saint Pierre" donne toujours de l'eau en abondance.



C'est à propos du naufrage de Saint Pierre que notre pays est cité pour la première fois par les écrivains. Bède, historien Anglais qui vivait vers l'an 700, raconte, dans son histoire ecclésiastique que Saint Pierre fut rejeté "In Sinu Maris Qui Vocatur Amfleat'". Jusque là, les historiens ne lui avaient pas donné de nom et contrairement à ce qu'on dit dans le rapport du Génie de 1783, César n'écrit pas "Ambletosa".
Plus tard, au Xème siècle, le chroniqueur français Flodoart cite "Ambletolium" qui est une traduction latine plus approximative qu'Amfleat de l'appellation locale de l'époque, c'est-à-dire Ambleton ou Ambletewë .
Quant à l'étymologie du nom, on l'a vainement cherchée, et les diverses origines que l'on a suggérées ne sont qu'hypothétiques. Je n'ai pas la prétention d'avoir trouvé la vraie ; je n'ose pas notamment affirmer que, comme je l'ai quelquefois pensé, l'Amfleat de Bède est une déformation du latin "Inflatus" et que notre pays doit ainsi son nom à ce que la Slack s'enfle dans la baie à marée haute.
Après le naufrage de Saint Pierre, Ambleteuse retomba dans le calme jusqu'aux invasions normandes, au cours desquelles, entre 881 et 912, elle fut deux fois pillée et dévastée. Puis la vie reprit, calme et obscure.
En 1209 se produit, non pas un événement, car l'expression serait impropre, mais ce qu'en avocat j'appellerai un fait juridique considérable. Renaud de Trie, comte de Boulogne, accorde aux habitants d'Ambleteuse une charte qui érige leur village en commune. Les archives de la Mairie possèdent une copie notariée en date du 29 Décembre 1559 de cette charte qui est, si je puis dire, notre acte de naissance.

En voici la partie fondamentale :
"Sachent tous ceux qui les presentes lettres verront que moi Regnaud Comte de Boullogne et Yde ma femme, comtesse de Boullogne, que nous constituons une ville ens Ambleteuse et aux hommes et habitans dudit Ambleteuse concessons et donnons la commune d'icelle à l'usage et coutume de nostre conté de Boulenois".
Par cet acte, Ambleteuse acquérait le titre de ville du Boulonnais avec Wissant , Etaples et Desvres ; elle était désormais administrée par un mayeur et des échevins, elle devenait le siège de deux vicomtés celui d'Ambleteuse et celui d'Houppehen, section de la commune appelée aujourd'hui Houppevent ; Audresselles n'était que sa banlieue
Les habitants cessaient d'être des serfs pour devenir les bourgeois libres et je me suis laissé dire qu'autrefois, sans savoir au juste pourquoi, ils regardaient de haut leurs voisins, ceux de Beuvrequen en particulier, qui eux étaient jadis serfs de l'Abbaye du même nom.
Ils acquéraient le droit de faire paître leur bétail sur la dune, de Slack à Audresselles, moyennant six deniers parisis pour une vaque et par cheval, un denier pour un pourchel et une obolle pour une blanche bête".
Chacun pouvait avoir une masure ou bourgage de cent vingt pieds de long et quatre-vingts pieds de large moyennant un demi pocquin d'avoine et deux glaînes à la fête de tous les saints. Ils pouvaient brasser et faire le pain blanc et bis "bon et bien faict" moyennant deux sols parisis à payer à chaque brasseur et boulanger à la fête de la Purification.
Chaque navire devait payer au Comte de Boulogne cinq sous parisis par an. Moyennant ces redevances perçues par le vicomte au nom du comte de Boulogne, les habitants étaient exemptés de tous autres droits et corvées. On voit que les impôts ont toujours été faibles dans cet heureux pays. La commune avait droit à un marché par semaine le jeudi, et à une fête annuelle le jour de la Saint Pierre
Telles sont les dispositions essentielles de cette charte, grâce à laquelle Ambleteuse peut s'enorgueillir d'avoir été une des premières communes de France.
Jusqu'à la guerre de Cent-Ans, c'est-à-dire pendant plus de 100 ans, notre commune jouit tranquille de ses privilèges. peut-être fut-elle fortifiée dès 1228 par Philippe, dit Hurepel, comte de Boulogne, qui s'était révolté contre son neveu Louis IX ; d'après Dom Ducrocq, ce seigneur fit murer Calais et faire les châteaux de Boulogne, Hardelot, Wissant, Guines, Sangatte, Ambleteuse, Desvres, Samer.
Puis éclata la longue guerre d'un siècle entre la France et l'Angleterre. Ambleteuse devait. tout naturellement, par Sa position géographique , en vivre certains épisodes.
En 1345, pendant le siège de Calais, le corsaire boulonnais Jean Marant, qui. va tenter de délivrer cette ville, relâche à Ambleteuse.
Le 25 Juin 1346, le boulonnais Jean Darlay rassemble à Ambleteuse une compagnie de gens d'armes que la flotte de Marant devait jeter dans la place, qui malgré tout fut prise par l'Anglais.
En Octobre 1415, après Azincourt, le mayeur et les échevins d'Ambleteuse votent 40 écus "pour mettre et emploier an estoffes à faire pourre à kannon".
Tout cela atteste le loyalisme et le patriotisme de nos lointains ancêtres.
La guerre de Cent ans terminée, et l'anglais bouté hors de France, ils vécurent à nouveau en paix, pendant un siècle, mais les Anglais étaient à Calais.





AMBLETEUSE, PLACE FORTE DE, L'OCCUPATION ANGLAISE.



Faisons le point en 1532. François 1er est roi de France, Henri VIII roi d'Angleterre, Boulogne est à la France. Calais appartient aux Anglais depuis la guerre de Cent Ans.
En Octobre 1532, Henri VIII va de Calais à Boulogne rendre visite à François 1er, qui au retour, l'accompagne, et tous deux se quittent à Marquise dans les meilleurs termes.
Hélas les querelles de religion devaient rallumer la lutte. Henri VIII, ayant embrassé le Protestantisme, déclara la guerre à François 1er en 1542.
Les Anglais faisaient des incursions vers Boulogne, et le massacre des habitants d'Audinghen, réfugiés dans leur église, est resté légendaire.
Finalement, le 4 Juillet 1544, la cavalerie anglaise, qui manquait de fourrage à Calais, s'installa à Slack, au bord des pâturages et , le 20 Juillet Henri VIII vint visiter le camp de Slack.
Bientôt les troupes anglaises occupèrent Ambleteuse même. Dès le 2 Décembre 1543, Lord PAGET, avait proposé de bâtir une citadelle. Celle-ci fut bâtie et Ambleteuse devint, selon l'expression d'un chroniqueur, "une place merveilleusement forte"
Je n'ai pas pu me procurer les plans anglais de l'époque, qui sont au British Museum, mais des plans français ultérieurs, conservés aux archives du Génie de Boulogne permettent de se rendre compte de ce qu'étaient les ouvrages fortifiés d'Ambleteuse, et de situer leur emplacement.

On y voit le fort de Slack sur l'emplacement duquel se trouve aujourd'hui le belvédère de M. Plé ; c'était un ouvrage carré, flanqué d'une tour à chaque angle, qui commandait le port et la vallée de La Slack jusqu'à Marquise.
En bordure de mer, un fort carré, l'ancienne tour romaine, qui devait être plus tard agrandi par Vauban.
Enfin, sur le haut du pays s'élevait une importante citadelle an forme d'étoile pentagonale, bordée de fossés profonds. Les cinq bastions se trouvaient respectivement à l'emplacement actuel du chalet Notre-Dame de Mme Bernard, de la Garenne propriété des Dames de la "Sagesse" de la villa Sylvie, des jardins des Maisons de la Grand'Rue, côté droit en allant vers la mer et du jardin de Mr. Gaston Galand. Le centre de la place se trouvait à l'emplacement de notre monument aux morts.
Les vivres arrivaient par mer à Ambleteuse où, à cet effet, le port avait été creusé.
Cette occupation devait durer cinq ans. En 1544, également malgré la défense héroïque du mayeur EURVIN, les Anglais avaient pris Boulogne. Le traité d'Ardres, du 7 Juin 1545 avait mis fin à la guerre, et les Anglais s'étaient engagés à nous rendre Boulogne après paiement, par versements échelonnés, de 800.000 écus. Mais les hostilités avaient repris après l'enlèvement, par les Français, de la jeune reine Marie Stuart.
Le 23 Août 1549, le roi de France Henri II, arrivé la veille au Camp du Pont-de-Briques se dirige directement vers Ambleteuse en contournant Boulogne et le Mont-Lambert, occupés par les Anglais. L'armée campa sur les hauteurs de Bazinghen.
Dès le lendemain 24, le roi entreprend le siège du Fort de La Slack, occupé par 500 hommes et 22 canons. Vingt-cinq pièces de canon commencèrent un intense bombardement. Au bout de 2 heures, les deux capitaines anglais, qui commandaient la garnison, demandèrent à parlementer. Pour faire durer les négociations, le connétable français se mit à entendre la messe et obligea les deux Anglais à y assister à genoux. Pendant ce temps, les Français battaient les murs en brèche et pénétraient dans le tort à la faveur de cette ruse qui, aujourd'hui, nous paraîtrait peu loyale.
Pendant ce temps, l'ennemi avait brûlé la basse ville pour se retirer dans la citadelle, ne laissant qu'une garnison très réduite dans le Fort de la plage, ou Fort Rouge; c'est ce fort que les Français attaquèrent après celui de Slack ; le lieutenant parisien Gilbert Quentin fut tué au cours de cette attaque. La garnison anglaise se retira sur la citadelle qu'un souterrain reliait sans doute au fort et les français entrèrent le soir dans celui-ci.
Le lendemain 25 Août, Henri II fit approcher ses troupes de la citadelle où étaient enfermés 1200 Anglais sous le commandement de Lord Grey. Le 26 Août, le roi ordonna le bombardement. Les assiégés ayant refusé de se rendre, les batteries furent doublées et bientôt les Anglais se rendirent.
Pendant qu'an traitait de la capitulation, les Anglais mirent le feu en plusieurs endroits de la ville. Nos troupes entrèrent alors dans celle-ci, et pillèrent les approvisionnements anglais. La garnison anglaise fut autorisée à se retirer, mais sans armes ni bagages, la plupart presque nus, et c'est dans cet appareil qu'elle prit le chemin de Calais.
Dans la citadelle d'Ambleteuse, se trouvaient enfermés le bâtard de la Mirandolle, fils de Pic de la Mirandolle, et sa compagnie de mercenaires italiens ; de la Mirandolle qui était au service de la France s'était sauvé la veille à Hardelot, en volant le gain que son père avait réalisé la veille au jeu ; tous ses hommes l'avaient suivi et ils s'étaient rendus aux Anglais. C'est ainsi que sa compagnie et lui se trouvaient à Ambleteuse avec la garnison anglaise pendant le siège. Pris avec les Anglais, les mercenaires Italiens furent, sur l'ordre du roi, pendus aux arbres de Raventhun. Seul, de La Mirandolle fut gracié sur les instances de son père, rentré en possession de son trésor.
La prise d'Ambleteuse fut considérée à l'époque conte un glorieux fait d'armes.
Dans le triomphe qui fut organisé à l'entrée d'Henri II à Rouen, au mois d'octobre 1550, des soldats habillés à l'antique portèrent une maquette des deux forts d'Ambleteuse repris à l'ennemi. Dans le poème qui fut composé à cette occasion, l'auteur put ainsi louer Henri II
Ensuict apres qui veillait a double œil
Sur vos vaisseaulx l'un et l'autre Ambleteul
Qui ont congnu que peu de resistance
A leur pouvoir contre la juste offence


      (Manuscrit de la Bibliothèque de Rouen, cote V.28, Mém. Soc. Acad T.XVII p. 459, planches p.468)


Le fort du Gris Nez se rendit en apprenant la reddition d'Ambleteuse, et Henri II put mettre alors le siège devant Boulogne sang risquer d'être pris entre deux feux, ayant au contraire coupé les communications entre la garnison anglaise de Boulogne et celle de Calais.
Le traité de Capécure du 24 Mars 1550 rendait Boulogne à la France, et l'on peut dire que la victoire d'Ambleteuse avait été décisive dans sa conclusion.
Sans doute est-ce l'occasion de cette victoire que, par lettres patentes de Mars 1550, enregistrées par le parlement de Paris le 15 Août 1575, le roi Henri II confirma les habitants d'Ambleteuse dans le bénéfice de la charte de 1209 et dans tous leurs privilèges, notamment la jouissance du communal autrefois concédé par Renaud de TRIE, par l'exemption de tous impôts, taille, subsides et emprunts. Le Roi décida en même temps que les sièges de juridiction des bailliages de Londefort et de Wissant seraient désormais tenus à Ambleteuse dans un auditoire pour la construction duquel il abandonnait à la commune les profits des lots et ventes pendant six ans.
La roi avait laissé dans la forteresse d'Ambleteuse une importante garnison sous le commandement de Monseigneur de Chastillon.
Son intention était de s'y installer solidement pour opposer à l'Angleterre une puissante frontière ; il y fit travailler et il écrivait le 6 Juillet 1551 à Messire de Senarpont, gouverneur de Boulogne "afin que j'aie plus de seûreté de l'estat en quoy sont les places d'Ambleteuse et de Blacquenay, allez quelquefois voir et entendre tant à ce qui se fait à la fortification que l'état en quoi elles sont et des vivres et autres choses nécessaires à la conservation d'icelles pour m'en donner avis".
Mais en 1552, la forteresse d'Ambleteuse faillit être reprise par le Gouverneur de Calais.
Cela montra sans doute la difficulté de la garder en raison de son isolement, et le roi ordonna, en 1554 d'en détruire les fortifications. De cette époque date le démantèlement de notre place.
En Janvier 1558, après la prise de Noyon, par Philippe II, François de Guise, pour opérer une diversion attaque Calais . Quarante vaisseaux avaient débarqué des munitions, des fascines et des échelles à Ambleteuse, Calais capitula le 23 Janvier 1558.
Henri II proposa à la reine d'Angleterre de réunir des parlementaires à Ambleteuse pour conclure une paix durable. Mais, c'est au Cateau-Cambrésis que fut signée celle-ci, qui rendait Calais à la France (3 Avril 1559).
L'histoire militaire d'Ambleteuse était terminée.


AMBLETEUSEPORT DE GUERRE ET DE COMMERCE,




          OU LA LUTTE CONTRE LA MER.




Pendant plus d'un siècle Ambleteuse démantelée redevint une paisible bourgade abandonnée et dont le port était devenu la proie des sables.
J'ai trouvé aux archives du Génie de Boulogne la copie, datée du 14 Juin 1689 d'un mémoire qui doit en réalité être de 1639, car les travaux qui y sont préconisés étaient déjà faits en 1689. On y lit notamment ceci :"Ambleteuse est située sur les côtes du Boulonnais à deux lieues de Boulogne, à 5 de Calais et 6 ou 7 des côtes d'Angleterre. Sa "figure est une anse formée de dunes de deux côtés ; celles du Nord sont couvertes de rochers, celles du Sud sont fort préjudiciables en ce que "leurs sables, poussés par les vents contribuent beaucoup à combler le port. La petite rivière de Marquise passe dans le dit port dans un espace assez large, sans profondeur. Les vestiges qui paraissent encore dans "ce lieu sont les marques certaines qu'il y a eu un port".
Les avantages de cet endroit sont de pouvoir rendre la rivière de Marquise navigable pour le transport des denrées, des marbres du pays, de la pierre de Landrethun et de Marquise, avoir de plus une retenue d'eau considérable soit par la mer dans les vives eaux ou par le gonflement de celles du pays, que des 8 principaux vents de la boussole ; il est naturellement couvert de 6 ; en y faisant les ouvrages proposés, "l'on pourra en sortir du marne qui sont depuis le Nord jusqu'au Sud.
Le pays est assez avantageux pour l'avitaillement des navires à l'exception du vin, à défaut duquel on pourrait servir de bière .L'eau peut se faire commodément soit à la rivière ou des tonnes qui se peuvent pratiquer des sources qui tombent dans le port. L'air y paraît bon, ce qui se .prouve par la santé des vieillards habitants. Le mémoire proposait différents travaux, notamment la réfection des écluses de La Slack et l'établissement d'une écluse dans le port, et concluant ; on pourrait pratiquer un bassin capable de contenir une vingtaine de vaisseaux de guerre, qui seraient toujours à flot ; l'on pourrait se servir utilement de la dune pour placer des magasins et autres bâtiments. Le port deviendrait avant-port dans lequel se pourraient mettre les marchands et corsaires, et il est à croire que le nombre de ces derniers serait considérable en temps de guerre eu égard à la situation du lieu
Vauban. parcourant les côtes du littoral du Nord, pour en organiser la défense contre le retour offensif de la Hollande devenue la grande rivale maritime, remarqua Ambleteuse. Il fit creuser le pourtour des anciennes fortifications et constata que celles-ci avaient du être considérables.
Le 20 Juillet 1680, Louis XIV passa lui-même à Ambleteuse, visita la rade, écouta le rapport de Vauban et décida qu'on creuserait un vaste port de guerre. On raconte même que, comme le roi sortait Ambleteuse à cheval pour se rendre à Calais , une patache Anglaise poursuivit un caïque sorti de Boulogne, que toute la Cour, du rivage, tira sur l'Anglais, Le Dauphin le premier, et que la patache s'étant échouée le capitaine en fut pris, mais que le roi lui fit grâce.
Les deux plans, dont l'un malheureusement assez effacé par le temps, et l'autre qui proclame orgueilleusement que quand le port sera achevé il sera un des plus beaux et des plus sûrs d'Europe, indiquent les travaux qui furent alors projetés en exécution des ordres du roi. C'est le premier de ces deux plans qui fut suivi.



Ces travaux furent exécutés. Les jetées furent construites ainsi que l'écluse de Slack et celle d'Ambleteuse. Celle de Slack subsiste et est toujours remarquable. La maison de l'éclusier dans le style Louis XIV possède du côté de Marquise une délicieuse façade. On retrouve les vestiges de celle d'Ambleteuse au pied de la villa "Sole mio"
Par ailleurs, Vauban fit entourer la vieille tour romaine, déjà fortifiée par les Anglais, d'une enceinte demi-circulaire et l'ouvrage devint le fort Vauban tel que nous le connaissons encore aujourd'hui et qui était resté absolument intact jusqu'à la guerre de 1939/45 pendant laquelle la façade côté mer a été par malheur fort endommagée.
Un rapport du Génie de 1698 rendait compte au Roi des travaux exécutés. Vauban lui-même daigne s'occuper d'Ambleteuse dans ses mémoires que j'ai pu consulter à la bibliothèque de l'Ecole Royale d'Artillerie de Douai, malheureusement détruite en 1940. Il écrit à la page 100 du tome IV "la rivière de Selaque qui tombe à Ambleteuse peut se rendre navigable depuis le port jusqu'à demi-lieue ou 3/4 de lieue du chemin de Marquise à Boulogne pour toutes sortes de bélandres. On tirerait par là du marbre de Marquise, des blés et du charbon de terre dont il se ferait grand débit dans le pays bas français et dans toutes les côtes de Picardie, Normandie et Bretagne..". Des plans de 1722 et 1736 indiquent la situation après .l'exécution des travaux.
Mais l'événement démontrera qu'on ne pouvait réaliser à Ambleteuse ces projets ambitieux. La rade Saint Jean qui la commande est exposée aux vents d'Ouest ; de plus, elle se trouve au Nord du port, et les courants de la marée sont dirigés du sud-ouest vers le nord-est en sorte que les vaisseaux pour passer de la rade dans le port avaient à les surmonter. Les sables comblaient le port au fur et à mesure qu'on le creusait. Finalement, en 1688, au moment de la déclaration de guerre entre la France et la Ligue d'Augsbourg, Ambleteuse fut abandonnée.
Le 4 Janvier 1689, un événement assez considérable se produit dans notre pays , Jacques II fut détrôné par Guillaume d'orange et emprisonné, s'était sauvé et ayant fait la traversée sur une chaloupe, avait débarqué à Ambleteuse où il fut reconnu et reçu au Château du Gouverneur Mr. de Chateau-Guillaume. Le lendemain, toute la noblesse du Boulonnais vint l'y saluer et il entendit avec elle la messe à la Paroisse, puis il partit pour Boulogne après avoir fait présent à l'Eglise d'un ostensoir d'argent portant ses armes et sa devise, qui y demeurera jusqu'à la Révolution.



Au XVIIIème siècle, Ambleteuse demeure abandonné. L'Etat y entretient cependant un ingénieur et un éclusier jusqu'en 1762. Il y avait d'ailleurs une compagnie du Régiment de Wissant qui tenait garnison dans le fort. Au cours de ce siècle, notre port trouve encore d'ardents défenseurs dans les officiers du Génie de Boulogne.
Un mémoire de 1725 en décrit les avantages "Ce port est à la même distance que Calais de l'Angleterre , on y serait à portée de vue de tout ce qui se passe dans le canal et il est incontestable que s'il pouvait recevoir une caserne de guerre, elle y serait portée dans un point lui-même avantageux ; l'anse pourrait servir d'avant-port pour les vaisseaux de guerre et de port pour ceux qui échouent tels que les bâtiments marchands, les pêcheurs et surtout les corsaires. Le ravin où s'écoule la rivière jusqu'à l'écluse de Slack pourrait devenir un bassin pour tenir les vaisseaux à flot en le creusant, l'élargissant, contournant ses bords sablonneux et le traversant d'une écluse"
Mais ce même mémoire faisait remarquer les raisons contraires, notamment toujours les vents d''Ouest, l'insuffisance de la profondeur du port, et l'invasion des sables. D'ailleurs, à la suite de ce mémoire, rien ne fut entrepris.
En revenant des Flandres, sur les conseils du Maréchal de Saxe, Louis XV visita le port d'Ambleteuse, et depuis cette époque les magasins s'appelaient les "Ecuries du Roi". On projeta alors de remettre le port en état
En 1734, un nouveau projet fut établi et à cet effet un nouveau plan, des ouvrages existants fut établi. Mais ce projet n'eut pas non plus de suite, comme le prouvent deux plans qui datent de 1767 et où les jetées sont indiquées comme en ruine.
En 1776, un sieur LE BON adressait au Ministre un nouveau projet dans lequel il se faisait l'avocat enthousiaste du port d'Ambleteuse; il en montrait les avantages à cause de son arrière-pays fertile et abondant en eau potable, de sa situation à proximité de la pointe du Gris Nez d'où tous les mouvements des Anglais pouvaient lui être signalés afin que nos vaisseaux puissent arrêter l'ennemi au passage. Il prétendait que le port de Boulogne présentait de graves inconvénients naturels, que s'il y avait déjà une ville à Boulogne, on pouvait en créer une à Ambleteuse , qu'au surplus les habitants du Bourg ou Basse Ville de Boulogne étaient à la dévotion des Anglais que les principales familles qui la dirigeaient et que tout le gros commerce était anglais, qu'enfin, Boulogne avait été abandonné par les Romains pour Ambleteuse et que Vauban ne l'avait trouvée susceptible d'aucune amélioration.
Cet optimiste soutenait même qu'on pouvait ouvrir un canal direct d'Ambleteuse à Lille. Il concluait : "Quelle satisfaction pour Le Monarque d'avoir sous la main le plus beau port de guerre et marchand d 'Europe ! "
En 1783, un nouveau mémoire est encore adressé au Ministre en faveur d'Ambleteuse. On y lit "le port d'Ambleteuse se trouve situé le plus avantageusement pour devenir l'entrepôt et la clef du commerce entre les nations du Midi et celles du Nord. De toux ceux qui sont placés sur l'Océan ,il n'en est aucun qui puisse prouver autant d'avantages et facilités".. L'auteur y voyait déjà les Espagnols relâcher à Ambleteuse plutôt qu'à Ostende pour le commerce avec la Flandre autrichienne, et les exilés de Dantzig s y réfugier pour le plus grand profit du royaume. Il souhaitait que les Français et les Anglais demeurassent en paix. Mais il était essentiel de contenir un peuple voisin, jaloux et entreprenant ; il soutenait que seul Ambleteuse. permettait de le faire et que quelques vaisseaux dans la rade Saint Jean, soutenus par le canon de la plaine supérieure, fermeraient les porte de la Manche aux Anglais et autre peuples, y compris les Russes.
Mais ce projet grandiose n'eut pas plus de suite, hélas ! que les précédents.
Et le 24 Primaire an VII, le lieutenant du Génie de Boulogne adressait à la direction d'Arras une proposition de vente d'un bâtiment militaire situé à Ambleteuse et il motivait ainsi sa proposition "Ce bâtiment à bas étage, vulgairement nommé l'Ingénerie , a été construit en 1710 par ordre du roi pour servir de logement aux ingénieurs qui surveillaient l'exécution des travaux ordonnés au village d'Ambleteuse, dont on voulait faire une ville florissante, et dont le petit port formé par l'embouchure d'un ruisseau devait être transformé en port militaire, différentes causes avaient fait abandonner ce projet."
C était l'enterrement définitif des vastes desseins qui avaient été conçus pour notre commune aux XVII et XVIII ème siècles.
Pendant qu'on s'occupait beaucoup du port, la vie du village s'écoulait toujours aussi paisible. Un seul événement notable s'était produit au XVIIIème siècle le transfert en grande pompe à Ambleteuse des reliques de Saint Pierre de Cantorbery, retrouvées à Boulogne après l'occupation anglaise. La fontaine avait été longtemps recouverte par les sables, mais, en 1791, une grande tempête la remit à jour pour la grande joie des habitants.






          EPILOGUE.





    Depuis le départ de l'Armée Impériale, Ambleteuse, comme il lui était arrivé bien des fois au cours de son histoire après des périodes mouvementées, était redevenue un modeste village de pêcheurs et de cultivateurs
    Quand la mode des bains de mer se répandit, les "étrangers" commencèrent à la fréquenter, attirés par le charme de son site. Mr. Hanne écrit déjà en 1877 "Chaque année nous voyons arriver à Ambleteuse au moins 150 touristes qui, quelquefois ensemble ,le plus souvent les uns après les autres, viennent profiter des douceurs et les beautés pittoresques du climat et prendre des bains" Il ajoute : "L'eau potable est excellente à Ambleteuse ; elle compte même parmi les plus pures de l'ancien Boulonnais "
    Vers 1900, un certain nombre de Douaisiens et de Cambrésiens décidèrent de créer à Ambleteuse une station balnéaire. Ils fondèrent une société qui acheta la partie du communal bordant la mer, et y construisit une digue le long de laquelle s'édifièrent des villas.
    Un tramway électrique menait de Wimereux à la Pointe-Aux-Oies. De 1907 à 1914, un pittoresque train Renard conduisait jusqu'à Ambleteuse.
    Pendant la guerre 1914-1918,. L'Etat Major portugais s 'installa dans le village En Mars 1918, les troupes portugaises en repli vinrent y cantonner et un monument rappelle leur séjour.
    Entre les deux guerres, les municipalités successives s'employèrent à équiper la commune et la station, qui furent d'abord électrifiées. Celle que présidait l'auteur de cette étude avait pu réaliser l'adduction d'eau potable lorsqu'éclata le dernier conflit mondial.
    Au cours de celui-ci, le village fut à peu près préservé. Mais la basse ville souffrît beaucoup. De nombreuses villas furent détruites, soit par les bombardements aériens de Mai 1940, soit par les Allemands qui les occupaient et les avaient englobées dans le fameux mur de l'Atlantique. La digue, crevée, fut pratiquement démolie. L'ennemi avait réarmé le fort Vauban ; une fois de plus utilisé contre les Anglais, qu'il ne put empêcher d'effectuer sur la plage quelques coups de main et de capturer des officiers allemands au cours de l'un d'eux.


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Ambleteuse

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