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 Annoeullin

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audomar62
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Age : 69

MessageSujet: Annoeullin   Lun 2 Aoû - 15:06




ville-annoeullin


Etymologie - Histoire


Publié le 14-12-2003, modifé le 18-12-2009


Etymologie


Origine
L’origine du nom d’Annoeullin est incertaine et il est malheureusement impossible d’émettre une opinion vraiment valable. Toutefois, deux hypothèses peuvent être retenues:
ANOLINUS était un général romain sous Néron qui réalisa d’importants travaux de voirie dans le département.
D’ailleurs, les travaux réalisés pour l’extension de la Zone de la Fontinelle, semble faire pencher la balance vers cette
hypothèse puisque des vestiges romains ont été trouvés dans le sous-sol.

La commune appartient à un groupe de communes centrées sur notre région et dont le nom se termine par "in".
S’agirait-il de la francisation d’une finale germanique: heim en allemand, hem en flamand et ham en anglais
signifiant demeure, logis?
En tout état de cause, dans les vieux documents mentionnant la commune, on lit successivement:
Anolinum, Ennelin, Aneulyin, Anulin, Annelin. Le dictionnaire de 1733 donne l’orthographe actuelle d’Annoeullin.

Armoiries D’or à la croix ancrée et alaisée de gueules
Armoiries de l’abbaye de Saint-Vaast d’Arras. Annoeullin, Bauvin et Mons-en-Pèvele étaient du domaine de cette abbaye.



Histoire


Cette brève histoire d’Annoeullin est destinée à répondre aux nombreuses demandes des habitants et des scolaires
souhaitant connaître l’historique de notre cité. Elle ne se veut qu’un modeste résumé et s’appuie sur les travaux M.André
Coupey, dont l’ouvrage "Annoeullin au temps passé", paru en 1965, reste la référence pour la période des origines à 1918.

Au delà des épisodes de l’histoire locale, il convient de remarquer la permanence des deux grands sujets qui traversent toute
l’histoire d’Annoeullin et de ses communes voisines: l’omniprésence du grand marais et du contrôle des eaux qui va conditionner
toute la vie économique et sociale du secteur, l’effet frontière, car Annoeullin va toujours se retrouver à la limite des
territoires des Abbayes de Tournai et d’Arras, de la Flandre et de l’Artois, du Nord et du Pas de Calais.

Puisse ce résumé inciter le lecteur à en savoir davantage et à découvrir les petits épisodes de l’historique d’une commune apparemment sans histoire.



Origines, légendes et premières traces d’habitat


A l’occasion de l’aménagement de la zone artisanale en 1998, des fouilles préventives ont été réalisées et ont laissé des traces
d’habitat néolithiques et gallo-romain.

C’est une découverte, certes modeste, mais importante car elle met fin à une croyance qui voulait notre territoire occupé par
le seul grand marais.
En fait, on peut penser que des habitats primaires ont pu exister très tôt au bord du marais. Celui-ci était alors à la fois
l’élément nourricier (enlisement d’animaux pourchassés, cultures primitives, tourbe pour le chauffage) et protecteur
(zone difficilement accessible).

Si les traces gallo-romaines découvertes peuvent ainsi appuyer la légende qui veut qu’ANOLINUS, un officier romain soit à
l’origine du bourg, rien ne permet, cependant, de l’affirmer.
Par contre, malgré la consécration de l’église à Saint-Martin et contrairement à de tenaces légendes, jamais le soldat pasteur
n’a prêché dans le secteur (vers 360). La parole de Saint-Martin a, à Annoeullin, comme dans toute la gaule gallicante, servit
de support à l’évangélisation encouragée par le pouvoir mérovingien.

De même, à partir du calvaire dit "des allemands", une autre légende veut que se soit une déformation du bas germain "all man"
révélant la trace de peuplades saxonnes que Charlemagne aurait déportées dans la zone après leur capture (vers l’an 800). Tout
cela n’a jamais été prouvé. Le mystère des origines d’Annoeullin demeure.


Etymologie et blason


A l’hypothèse latine d’Anolinus, s’oppose l’autre version germanique d’Ennelin, l’une et l’autre sont controversées. Il faudra
attendre 1733 pour voir apparaître l’écriture actuelle de la commune. Auparavant le nom s’est écrit: Anolinum, Ennelin,
Aneulyin, Anulin ou Annelin.

En 673, le roi de France Thierry III, faisant repentir du meurtre de St Léger, accorde une charte en faveur de l’Abbaye
St Vaast d’Arras et octroie le terroir d’Annoeullin. La dépendance à l’abbaye bénédictine durera jusqu’à la révolution française.
Il n’en reste plus aujourd’hui comme signe que le blason de la commune qui était celui de l’évêque Saint-Vaast.


Premières mentions d’Annoeullin


Il faut attendre le XIIe siècle pour trouver mentions écrites du terroir. La première d’entre elles remonte à 1165 où l’évêque
de Tournai concéda, à l’abbaye Saint-Martin de Tournai, l’église d’Annoeullin avec ses dépendances au nombre desquelles l’église
d’Allennes (Annoeullin fit partie de l’évêché de Tournai sous l’ancien régime).

Puis en 1169, un cartulaire du Pape Alexandre III confirme la possession d’Annoeullin dans les biens de l’abbaye
Saint Vaast d’Arras. On voit déjà apparaître le clivage entre ce qui sera la Flandre et l’Artois.

Ensuite, Annoeullin apparaîtra régulièrement dans les comptes de l’évêché (1177, 1184, 1210, 1219, 1242, 1278).
A noter que Mons-en-Pévèle et Don sont fréquemment associés à ces actes.

La charte de Roger IV, châtelain de Lille en 1220, va entre autre répartir les droits et responsabilités civiles et pénales
entre le châtelain de Lille et l’abbaye d’Arras pour Annoeullin, Bauvin et Mons en Pévèle.


La coutume particulière d’Annoeullin


Issue des traditions et usages ancestraux, la coutume particulière d’Annoeullin s’appliqua sans discontinuer à partir de 1507
(elle ne fut révisée qu’en 1718). Elle avait pour fonction de préciser les règles administratives et judiciaires entre les
habitants (poids et mesures locales, perception des taxes) et surtout de fixer les règles d’exploitation du marais.

Car le grand marais conditionnait toute la vie économique du terroir, notamment en fournissant la tourbe pour le chauffage
(pratiqué à Annoeullin jusqu’à la fin du XVIIIe siècle) en fournissant la vaine pâture pour le bétail en saison sèche et en
fournissant les cultures anciennes [plantes oléagineuses = colza, navette, plantes tinctoriales = wedde (pastels), garance].

Cette coutume particulière était d’autant plus importante que le terroir d’Annoeullin vivait les aléas des zones frontalières et
subissait les invasions des troupes allant de sièges en batailles, vivant sur l’habitat et installant leur bivouac aux côtés des
manoirs (qui devait devenir le quartier de la Bouvaque).


Jusqu’au XVIIIe siècle, la vie rude et misérable des campagnes.


Annoeullin connaît une situation difficile aux confins des deux provinces de Flandre et d’Artois tout au long de cette période.
Cette situation est si délicate que cela, en 1660 et 1661, nécessite des conférences entre français et espagnoles pour fixer le
régime administratif des villages dépendant del’abbaye de Saint-Vaast d’Arras enclavés dans la Châtellenie de Lille.

La question de l’appartenance ne fut tranchée qu’au fil des rattachements successifs de l’Artois et de la Flandre-Artésienne
avant le traité d’Aix-la-Chapelle en 1668 qui rattacha les Châtellenies de Lille, Douai et Orchies à la France.

Annoeullin redevint flamande en 1669 de par le bon vouloir de Louis XIV qui par une ordonnance royale du 18 avril 1669
répondit favorablement à la demande des baillis de Lille et rattacha à la Châtellenie de Lille, les villages d’Annoeullin, Bauvin,
Provin et Mons-en-Pévèle.

La dualité des pouvoirs administratifs et fiscaux n’a fait que perdurer pendant tout l’ancien régime (les juridictions à Arras,
l’administration et les finances à Lille).


La vie rude et misérable des campagnes, suite ...


Mais que ce soit sous les périodes flamande (jusqu’en 1384), bourguignonne (de 1384 à 1477), autrichienne (de 1477 à 1555),
espagnole (de 1555 à 1659), puis française (à partir de 1659), la structuration du bourg et l’organisation sociale ne sont pas
fondamentalement chargées.
Le marais conditionne toute la vie du terroir. Le marais va longtemps constituer un gigantesque fer à cheval autour du bourg ne
laissant libre d’accès en permanence que le secteur sud en direction de Carvin et de Provin.

Pendant de nombreuses années, ce grand marais, dont l’exploitation tourbière et fourragère est jalousement réservée aux
habitants de la localité, va être la cause de disputes fréquentes avez les bourgs voisins (notamment une forte rivalité avec
Provin et Bauvin) connaître la traque et la noyade des protestants (les gueux en 1566) et servira de repères pour de
véritables bandes malfaisantes (les morlots de 1724 à 1764).

Durant toute cette période, le bourg ne change pas fondamentalement d’aspect. Il s’appuie sur l’église Saint-Martin
(achevée en 1574, partiellement incendiée par les troupes françaises en 1641 en même temps que le village et l’église de Carnin)
et sur la ferme principale dépendante de l’abbaye.

Le reste du bourg se répartissait sur deux critères allant, l’un vers le moulin, le calvaire et le marais du Frézin
(actuellement rue de Touraine), l’autre vers le grand marais en direction de Don (actuellement rues Nationale et Jean Jaurès).
Le chemin d’Annoeullin à Don se déployait à travers le marais.

Progressivement, la brique remplaça le torchis des habitations (appelées à l’époque manoirs). Ainsi après sa destruction par la
tempête (en 1606) le vieux moulin de bois fut reconstruit en briques (1628).

La vie quotidienne demeure essentiellement agricole. Elle occasionne de nombreuses difficultés par l’administration locale :
baillis, lieutenants et échevins désignés pour partie par le pouvoir politique (à Lille) et le pouvoir ecclésiastique
(à Arras).

Cette vie reste miséreuse, les productions restent modestes et de mauvaise qualité (molles avoines). La soldatesque n’en finit
pas de vivre sur l’habitant (notamment lors de la conquête de Lille par le Roi de France en 1668 et lors du siège de cette même
ville par les troupes hollandaises de 1708).

L’extraction de la tourbe était une exclusivité des habitants. Sa vente hors Annoeullin était interdite.
Cela a sans cesse provoqué de nombreux troubles. En été, les pâturages libérés par le marais étaient accessibles aux animaux.
Mais, ils restaient dangereux. Les risques d’enlisement étaient tellement permanent pour les bêtes qu’il a fallu créer une
charge (le proyer) dont le rôle consistait à récupérer les animaux en perdition.

Petit à petit se créèrent des tanneries, des briqueteries et des brasseries.
Cette période se caractérise aussi par la permanence des conflits entre les fermiers de l’abbaye et les ouvriers agricoles
(hostagiers) à cause de la lourdeur des rentes seigneuriales et ecclésiales (cens, tailles, d’îme) et entre les échevins et la
population à cause de la dureté de l’exercice de la justice à Annoeullin (on retrouve des cas d’exécution capitale).


Le défrichement et l’assèchement du marais


Les excès du tourbage s’opposaient de plus en plus aux besoins d’expansion des cultures. Cette situation fut comprise par les
autorités et en 1777 par lettres patentes, le Roi Louis XVI ordonnait le défrichement et le partage des marais des trois
châtellenies de Lille, Douai et Orchies.

Une ordonnance de l’Intendant de Flandre et d’Artois du 24 décembre 1777 en fixa les modalités. Le partage donnait les deux
tiers pour la communauté des habitants (qui fut divisée en 514 portions ménagères tirées au sort en 1779) et un tiers
seigneurial (mis en location).

La répartition nominale des lots laisse apparaître la présence de membres de la famille Robespierre à Annoeullin.
L’assèchement du marais dura jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.


Les baillis d’Annoeullin


Sous l’ancien régime, les baillis assurant la gestion de la commune, étaient nommés par la châtelenie de Lille et
l’Abbaye Saint-Vaast d’Arras.
A partir des archives encore existantes, M. Coupey a pu relever les baillis suivants :



  • P. Lappenses était bailli en 1335


  • J. Danquoisne était bailli en 1442


  • Jehan Laden était bailli en 1449 et 1450


  • Jehan de Tourmignies était bailli en 1485


  • Pierre Rambaut était bailli en 1491


  • Nicolas du Crocquet était bailli de 1521 à 1526 et en 1537


  • Jehan Laden était bailli en 1530 et 1544


  • Hughes du Rasnel était bailli en 1585 et 1589


  • Pierre Desbouvries était bailli en 1599 et 1607


  • Martin Desbouvries, fils de Pierre était bailli en 1670


  • Georges Desbouvries, fils de Martin était bailli en 1669 et 1678


  • Anselme Battelet était bailli en 1692-6-7 et 1701-4-5


  • Antoine Laden était bailli en 1703


  • Pierre-François Battelet était bailli en 1708 et 1724-1727


  • Joseph Battelet était bailli en 1736 et 1741

  • Joseph Battelet fils était bailli en 1774



1789-1799 : de la Révolution au Directoire


A la veille de la Révolution, les difficultés liées à la dualité des administrations restaient entières. Les cahiers et doléances
de la Noblesse et du Tiers Etat de la Châtellenie de Lille exprimèrent leur voeu que les quatre villages faisant déjà
territorialement partie de la Châtellerie soit également soumis au ressort de justice de la Flandre.

La Révolution est même vécue calmement à Annoeullin. Ni la suppression des droits féodaux, ni la vente des biens du clergé
n’entraînent de réactions notoires.
Annoeullin est définitivement attaché au département du nord et au canton de Seclin en 1790 et se voit doté d’une municipalité.

Le 15 février 1790, le premier maire d’Annoeullin est élu: Eugène Ledoux
(élu avec 95 voix par un collège électoral de citoyens "actifs" de 106 votants).

Il met en route le premier cadastre (1791) et redistribue en portions ménagères les anciennes parts seigneuriales du marais.

La constitution civile du clergé entraîne le remplacement du curé, Monseigneur Josse Lepoutre refusant le serment.

En 1792, un arbre de la liberté est planté à Annoeullin.
Les événements nationaux vont encore une fois rattrapés la vie rurale d’Annoeullin. La convention proclame la partie en danger.
En septembre 1792, les autrichiens font le siège de Lille et occupent tous les bourgs environnants.
Au temps de la terreur, de nombreux actes d’incivisme sont constatés par la municipalité face à la disette.
La célébration clandestine du culte par des prêtres réfractaires est également dénoncée.

Dans l’ensemble, l’état général de la commune est plutôt pauvre et les municipalités semblent avoir eu des difficultés à
maintenir la cohésion sociale.
La Garde Nationale des citoyens à Annoeullin comprenait sept compagnies. Elle avait essentiellement pour mission la garde a
u "Pou-à-Don" et, avec la gendarmerie, la chasse aux insoumis qui semblent avoir été nombreux dans cette zone.
Les réquisitions pour les différentes armées et le ravitaillement de Lille où sévissait la disette ne faisaient qu’appauvrir
davantage les habitants de la commune.

En terme d’aménagement, Annoeullin s’est agrandie grâce à la vente des biens nationaux en direction du marais au delà des rues
du marais (actuellement rue Jean Jaurès) et de l’abreuvoir (rue Léon Boistelle).

Les bonnes terres du quartier de la ville restaient vouées à l’agriculture. La grande ferme de l’abbaye disparut rapidement.
Elle n’est plus mentionnée au premier cadastre de 1811. Le moulin de la route de Provin est laissé à l’abandon (démoli en 1881).
Au seuil du XXIe siècle, Annoeullin comptera 2494 habitants (en 1801).


1802-1815 : Les guerres napoléoniennes ne font qu’appauvrir davantage la commune


Si globalement, les guerres révolutionnaires et napoléoniennes n’ont coûté la vie qu’à 32 annoeullinois sur les champs de
batailles (dont certain à l’autre bout de l’Europe tel Antoine Dal tué devant Moscou le 12 novembre 1812) la période de l’empire
va s’achever péniblement pour Annoeullin qui, après Waterloo, va connaître l’occupation de hussards saxons qui logèrent chez
l’habitant de 1815 à 1818. Les terrains entre la Fontinelle et le bois de Carnin servaient de champs de manoeuvres.


1815-1914 : Du monde rural à l’ère industrielle


Le début du XIXe siècle va voir la fixation définitive des limites territoriales de la commune d’Annoeullin en 1806.
Pendant trois siècles, celles-ci avaient fait l’objet de contestations constantes des communes voisines en particulier de Provin.

Les différents régimes (Restauration, Empire, IIIe République) vont connaître le développement régulier de la commune qui, à
partir des années 1840 va, enfin, connaître le progrès.

En terme des liaisons, les chemins, à l’usage des seuls piétons, laissent la place à des chemins carrossables en direction
d’Allennes, Gondecourt et Seclin.

De 1842 à 1848, est construite une route pavée entre Seclin et La Bassée (chemin de Grande Communication n°39).
La route entre Annoeullin et Allennes existe enfin. Le cadastre de 1858 indique une seule maison sur cette route à l’angle du
chemin du vent de bise.

A partir de 1853, le conseil municipal décide l’alignement des rues. De 1875 à 1894, c’est la création d’une ligne de Chemin de
Fer Seclin-Don. Le premier train part en gare d’Annoeullin le 10 janvier 1894. En 1898 est inaugurée la ligne
Don-Bauvin-Provin avec une halte d’arrêt au marais (essentiellement à l’usage des ouvriers mineurs).

Trois abreuvoirs à chevaux sont également aménagés : petite place de la rue Boistelle, face à l’église Saint-Martin, rue Gambetta (actuellement rue Charles Desreux).

Les constructions de bâtiments publics vont également s’accélérer. La Grand’Place est aménagée. L’Hôtel de Ville y sera
construit en 1913. (architecte: Horace Pouillet 1912-1920) Son beffroi qui a perdu son clocher est cependant cité dans
plusieurs ouvrages dont le fascicule "Les beffrois Nord Pas de Calais" de La Voix du Nord Editions.

L’école communale des garçons et l’école communale des filles sont construites successivement en 1851 et 1865
(à hauteur du passage Vérignon). Les écoles privées Saint-Joseph et Sainte-Anne sont ouvertes en 1882.

A partir de 1890, le cimetière sera transféré chemin du Vent de Bise. En 1890, est également inauguré un bureau postal
rue du Riez Bourriez en lieu et place de celui de Don. Progrès sanitaire incontestable, est construit en 1905, l'abattoir
d’Annoeullin (rue Lebas).
Une caserne de gendarmerie est construite en 1908 (route de Provin) pour accueillir la brigade créée en 1908. Légataire de
l’ensemble des biens meubles et immeubles de la famille Desreux, la municipalité décide la construction d’un hospice en 1906
(achevé en 1912, maison de retraite Charles Desreux).


Du monde rural à l’ère industrielle, suite


De toutes les constructions, les plus symboliques sont les deux églises. Laissée progressivement à l’abandon et menaçant ruine,
l’ancienne église Saint-Martin est démolie. A partir de son clocher restauré mais s’axant perpendiculairement à l’ancienne
architecture sur l’ancien cimetière, cette église fut reconstruite en 1898. Entre-temps, la municipalité décide de doter le
nouveau quartier du marais d’une église. Légèrement décalée par rapport au projet initial (route de Don), l’église du
Sacré-Coeur fut consacrée en 1904.

La modernisation de la ville a correspondu également à son développement démographique et économique. La population va
croître régulièrement: 3200 habitants en 1855; environ 4000 en 1898 et 5100 en 1900.

Economiquement, si la commune garde son aspect agricole (45 fermes) et rural (4 brasseries, 2 tanneries), les manufactures se
développent dans le secteur textile. Le commerce alimentaire se développe (18) et les estaminets connaissent une véritable
explosion.
Ils servent notamment de lieu de rencontre pour la nouvelle classe ouvrière qui comprenait à Annoeullin, au début du
XXe siècle, cinq ou six cents mineurs (Carvin, Lens, Meurchin) et plus d’une centaine d’ouvriers du bâtiment.

Cette période de progrès ne va pas pour autant être une période de paix sociale. La gestion des portions ménagères et, avec la
bienveillance des municipalités d’alors, leur confiscation par quelques familles d’agriculteurs provoquait un fort
mécontentement dans la population durant tout le siècle. Ce long conflit divisa profondément la population mêlant conflit
politique et intérêts privés.

Le passage dans l’ère industrielle correspond également aux clivages sociaux qui vont entraîner les clivages politiques.
La guerre franco-allemande ne créa pas de problèmes particuliers dans la commune
(on dénombre 14 annoeullinois tués dans les rangs de l’Armée du Nord commandée par Faidherbe).

Par contre, la montée du mouvement ouvrier créa de vives tensions. La voie du chemin de fer va pratiquement diviser le
bourg entre le quartier "blanc" (les "donato") et le quartier "rouge" (les "antonneu"). Illustration de ces tensions sociales puis
politiques, la catastrophe minière de Courrières de 1906 (1200 tués) va provoquer l’éclatement de la musicale locale
(entre l’Harmonie Syndicale et Ouvrière et la Philharmonie dont la création remontait à 1823 sous l’appellation
"la bourgeoise").

La municipalité devient socialiste (SFIO) dès 1912 avec l’élection guesdiste d’Auguste Parsy.


Les colporteurs


Les Colporteurs sont la véritable tradition locale. La légende la fait remonter aux années 1648 où après la bataille de Lens
gagnée par les français, les troupes espagnoles auraient refluées par le secteur d’Annoeullin en abandonnant un important
stock de couvertures.

Toutefois, la vérité historique oblige à reconnaître qu’on ne trouve pas de traces de colporteurs avant le milieu du
XIXe siècle, période à laquelle, sans gros investissements au départ, de jeunes annoeullinois vont vendre draps et produits de
linge de maison dans un secteur de plus en plus large. Les "marchands d’couvertures" d’Annoeullin deviennent célèbres de la
Bretagne à la Meuse.

Mais cette célébrité et tout le folklore pittoresque qui entoure les colporteurs comme le géant "Baptist’al’toil"
(créé en 1954, restauré en 1983) ne doit pas faire oublier que ce travail venait en complément ou dépannage.

Le premier recensement portant la précision des métiers de 1851 en signale 267. Ce fut le maximum car les années 1860 virent
l’ouverture de toutes les mines du secteur (Meurchin, Carvin, Courrières, Annoeullin) qui offraient des garanties de salaires
supérieurs même si la profession perdura plus d’un siècle.


La fosse à charbon


L’histoire des houillères de charbon à Annoeullin illustre une nouvelle fois le clivage entre le "pays blanc"
(producteur de betterave à sucre du Carembault et du Pévèle) et le "pays noir" (bassin minier du Pas-de-Calais).

Dès 1857, la Société Houillère de Don prospecta sur Annoeullin (canton du Frézin). Un premier puits fut exploité
de 1860 à 1864. Mais les deux veines découvertes ne fournissent que des rendements modestes et de piètre qualité.

L’exploitation, constamment déficitaire, fut suspendue en 1864 après d’incessantes inondations. Une seconde tentative eut lieu
en 1877 et 1878 à l’initiative de la Compagnie Houillère d’Annoeullin-Divion mais se révéla aussi infructueuse.

Le marais prenait sa revanche. Le sous-sol était gorgé d’eau séparant définitivement le terroir des cités minières
du Pas-de-Calais alors en pleine expansion. De cet épisode, il reste le Hameau de la Fosse avec ses vingt-quatre maisons mais le
terril a aujourd’hui pratiquement disparu.


Les privations de la grande guerre


Comme pour toutes les villes du front, l’occupation allemande d’octobre 1914 à octobre 1918 a été très douloureuse pour la
population notamment en ce qui concerne les privations alimentaires.

A proximité du front la commune a subi quelques bombardements qui causèrent la perte de 24 personnes et des dégâts partiels
mais nombreux sur l’église Saint-Martin, autour de la Grand’Place et dans le quartier de la Bouvaque suite notamment à
l’explosion d’un dépôt de munitions le 6 octobre 1918.

En septembre 1918, la population civile fut même évacuée en Belgique dans le Tournaisis.

L’hospice, récemment achevé, servit de lazaret pour l’armée allemande. C’est ce qui explique le cimetière militaire où reposent
1200 allemands. Les champs sur la route de Provin furent transformés en terrain d’aviation.

Le 7 mai 1917, le célèbre aviateur anglais Albert Ball s’écrasa ou fut abattu (la thèse du combat aérien n’est pas prouvée)
à l’angle du petit bois de Carnin (borne commémorative). Son corps repose dans le cimetière militaire où chaque 11 novembre, la
population rend hommage à son souvenir.

Pendant la première guerre mondiale, 212 Annoeullinois sont morts pour la France.


1919-1939: Du quartier de la ville ou du marais


Pendant l’entre deux guerres, Annoeullin ne change pas beaucoup de physionomie. Economiquement, la ville va se développer avec
l’installation d’entreprises textiles et de confection. On en comptera une dizaine spécialisées dans le linge de maison,
bonneterie, couvertures, toiles à matelas.

Politiquement, la ville connaît une vie agitée avec un clivage sociologique de plus en plus marqué entre le quartier de la ville
(plutôt à droite) et celui du marais (plutôt à gauche).

Cette période sera particulièrement marquée par le rôle joué par Auguste Parsy, Maire (jusqu’en 1934),
Député et Conseiller général. Il est à l’origine de l’hospice, de la cantine scolaire et de logements sociaux.


1939-1945 : La pénible traversée de la guerre


Annoeullin traverse la seconde guerre mondiale dans un relatif anonymat. La ville ne connaîtra pas les combats dits de la
bataille d’Haubourdin en 1940 qui verront une héroïque défense des troupes coloniales (à la différence de Carnin où va
s’illustrer le Lieutenant Baillet). De même elle ne subira que quelques bombardements collatéraux à ceux de la gare de Don à la
fin de l’année 1944 (qui feront 24 morts civils).

Par contre, à l’image du pays, la ville sera profondément divisée. Malheureusement, tous à Annoeullin n’ont pas choisi le chemin
de l’honneur et certain ont cru qu’il y avait d’autres voies possibles…

L’honneur à Annoeullin, ce fut à l’époque les actes de résistance menées par Jean-Pierre Viseux, Auguste Copin, et
Jean Carpentier, mort pendant des accrochages au début du mois de septembre 1944..
Pendant cette guerre, 33 annoeullinois sont morts pour la France.


1946-1971 : Du village à la ville


Après guerre, Annoeullin va connaître une période confuse où plusieurs municipalités vont se succéder. En 1946, il faudra même
avoir recours à la Délégation Spéciale. En 1946, la population se chiffre à 6408 habitants mais dès 1948, avec la séparation
de Don qui devient une commune de plein exercice, Annoeullin tournera autour de 5600 habitants (5676 en 1954).

Sociologiquement, la structure de la population ne va pas évoluer avant le début des années soixante dix qui verront à la fois la
réduction des activités agricoles (de 70 avant guerre, les exploitations péricliteront à 38 en 1970, puis à 13 en 1977) la
disparition progressive des mineurs et la fin des pérégrinations des colporteurs.

Malgré la disparition des séchoirs à chicorée et des deux houblonnières, la ville garde encore un aspect champêtre. C’est à
partir des années 1955, puis avec le Maire Henri Bonte, que l’aspect de la ville va changer avec l’aménagement du quartier du
Metz-Saint-Vaast, l’ouverture du boulevard Léon Blum (1955) et l’édification des premiers HLM afin de reloger les habitants
de la "cité grise" (baraquements en bois de la rue de Don) où logeaient essentiellement les familles de mineurs.

L’axe vivant de la ville va basculer du côté du marais où les commerces vont se développer. La salle des fêtes fut construite au
début des années soixante. Entre 1965 et 1971, la place du marché sera créée et le quartier sera étendu aux rues Schaffner
et Saint-Exupéry.
A la foi révélateur du caractère propre de ce terroir et de sa vocation de zone tampon, les communes du secteur refusèrent de
rejoindre la Communauté Urbaine de Lille en 1966 donnant ainsi une nouvelle frontière à Annoeullin.

Lors des guerres d’Indochine et d’Algérie, 4 annoeullinois sont morts pour la France.


1971-1995: La modernisation de la ville


La période qui va de 1971 à 1995 correspond aux quatre mandats municipaux de José Poggi
(cinq si l’on compte l’élection partielle de 1985 issue de la rupture locale entre socialistes et communistes).

Cette période se traduit par une profonde mutation de la commune qui, après une diminution de la population en 1968 et 1975, va
globalement connaître une augmentation des habitants qui vont passer de six mille à près de neuf mille
(8718 au recensement de 1988).

Cette période correspond à celle des nouveaux quartiers et des nouveaux équipements. Emergent ainsi les lotissements
pavillonnaires au Metz-Saint-Vaast, aux Minos, aux Longs Champs, aux Longs Prés, à la Couture d’en Haut, aux Bruyères.
Pour répondre aux besoins de la population, apparaissent de nouvelles écoles, (Carpentier en 1974, Chopin en 1976,
Prévert en 1978, Rimbaud en 1985, Baudelaire en 1993) qui accompagnent le collège Bracke-Desrousseaux construit en 1969
(classé en Z.E.P. ce collège connaîtra une moyenne de 1200 élèves dans les années quatre-vingt).

L’aspect sanitaire et social va rester une priorité de la municipalité avec l’ouverture des centres aérés dès 1971, la création
des restaurants scolaires Camus (1974) et Brassens (1983), la crèche (1983) et la garderie municipale (1984), le centre PMI
(1989) et la rénovation de la maison de retraite Charles Desreux (1981).

La culture et le sport ne seront pas oubliés avec l’aménagement de l’ancienne gare en salle de musique en 1980, la construction
de la salle Jean Monnet (1994) et la construction des tribunes au stade Léo Lagrange (1993).

La situation ne se prêtait pas au développement économique et la période vit la disparition de nombreuses petites fabriques
liées à la confection, au textile ou aux activités agricoles.

L’orientation arrêtée fut clairement résidentielle. Et même si la gare cessa son activité ferroviaire le 5 juillet 1971, la
commune s’appuya sur le nouveau Plan d’Occupation des Sols pour se doter d’une stratégie d’acquisition foncière onéreuse pour
elle (y compris lors du contentieux de la Z.A.C. de la Haute Voie) mais qui va s’avérer un gage extraordinaire par
l’harmonisation du développement à venir. Symbole du renouveau de la cité, le nouvel Hôtel de Ville fut inauguré en 1988.



Les Maires d’Annoeullin


MaireMandat
Eugène Ledoux 1790-1795
Charles Defrance 1795-1801
Augustin Lejeune 1801-1803
Antoine Watterlot 1803-1809
Pierre Cuvelier 1809-1816
André Watterlot 1816-1821
Pierre Cuvelier 1821-1835
Florentin Laden 1835-1846
Charles Delannoy 1846-1848
Valérien Couvreur 1848-1855
Charles Mauroy 1855-1865
Charles Delannoy 1865-1876
Auguste Parsy 1876-1887
Achille Leleu 1887-1890
Antoine Mauroy 1890-1896
Oscar Coupey 1896-1908
Auguste Courmont 1908-1912
Auguste Parsy 1912-1934
Henri Dal 1934-1945
Antoine Parsy 1945-1947
Aline Lohez 1947-1949
Marie-Louise Lheureux 1949-1953
Aline Lohez 1953-1959
Henri Bonte 1959-1971
José Poggi 1971-1995
Anne-Marie Brice 1995-2001
Philippe Parsy 2001-







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